Pourquoi préfèrent-il rester avec des gens qu'ils aiment plutôt que d'aller à la messe ?

Publié le 12 Janvier 2018

Tous les ans, et ce depuis le Moyen Âge, au mois de septembre, a lieu un pèlerinage des ménétriers au sanctuaire de Notre-Dame des Dusenbach, sur les hauteurs de Ribeauvillé. Y participent les personnes, jeunes et moins jeunes, qui prennent en charge une fête médiévale annuelle qui a lieu dans la ville. Arrivés devant la chapelle, les plus âgés y pénètrent pour une célébration eucharistique. Tandis que les jeunes partagent une bouteille de vin sur le parvis. Un jeune adulte explique : "Je laisse les grands parents pour l'esprit religieux. Je suis là pour passer un bon moment avec des gens que j'aime". A l'issue de la messe, un des capucins qui desservent le pèlerinage se veut optimiste : " Le touriste d'un jour est le pèlerin de demain". Est-ce si sûr ?

 

Autre séquence de l'Eglise en Alsace. L'évêque de Strasbourg est en visite pastorale dans la vallée de la Thur. Il y rencontre un groupe de jeunes. Il est heureux de leur parler et leur rappelle que l'avenir de l'Eglise passe par eux. Puis il évoque le "pélé jeunes" [pèlerinage diocésain des jeunes à Lourdes]. Silence dans le groupe qui ne sait pas de quoi il s'agit. L'évêque réagit : "Vous avez le droit de ne pas savoir" puis leur explique ce qu'est un pèlerinage (1).

 

Laissons-nous interpeler par ces jeunes. Sommes-nous réellement incapables de comprendre leurs désirs et les besoins dans un monde en perpétuel changement ? Sommes-nous conscients de l'image très négative de l'Eglise que nous leur donnons ? Pourquoi ne pouvons-nous pas témoigner de la vérité et de la radicalité de l'Evangile plutôt que de leurs asséner des références à une certaine Tradition ? Pourquoi toute velléité de réforme de l'Eglise par des jeunes se heurte-elle à un total immobilisme ?

 

Essayons de comprendre comment on est arrivé à ce paradoxe effrayant : des jeunes préfèrent rester avec les gens qu'ils aiment plutôt que d'aller à la messe...

 

J.P.B.

 

(1) Ces deux scènes figurent dans Paraboles, un  magazine chrétien diffusé par le diocèse de Strasbourg.

Rédigé par jonasalsace

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Anne Boyer 01/02/2018 09:04

Peut-être que la messe ne véhicule pas (plus ?) l'image de ce qu'elle est pour moi - et que j'essaie de transmettre - justement un moment de retrouvailles avec des gens qu'on aime (certes plus ou moins) et autour et à l'invitation de Celui qu'on aime. Là aussi, comme sur de nombreux sujets, un travail s'impose pour réfléchir à ce moment important qu'est "la messe". Qu'est-ce qu'elle représente, pour nous individuellement mais aussi ensemble, comment la voudrions-nous, que pourions-nous en faire ? Pourquoi certaines célébrations sont-elles vivantes, vibrantes et d'autres pas ? Finalement, ces jeunes qui restent dehors et préfèrent se retrouver entre amis ne célèbrent-ils pas une forme de "messe" ? Puissent-ils ne pas seulement rester entre eux mais accueillir et être prêts à aimer ceux qu'ils ne connaissent pas pour certes boire une bonne bouteille de vin et aussi apprendre à connaître l'autre. Alors...la messe sera dite.