Jonas-Alsace au rassemblement des Réseaux du Parvis : « Le temps est venu » (11-12 Novembre 2010)

Publié le 16 Novembre 2010

Des femmes et des hommes rassemblés au nom de l’Evangile



En attendant les actes de ce rassemblement qui paraîtront en mai 2011 voici un aperçu de ce que nous avons partagé pendant ces deux jours.


Lors de l’ouverture de la rencontre Cécile Entremont a rappelé les valeurs communes des parvis à savoir :

  • la fidélité au message de l'Évangile
  • la primauté de l'humain et des chemins d'humanisation
  • la nécessité du dialogue et du débat,
  • la fraternité humaine et la solidarité face à toutes les exclusions
  •  la liberté de recherche spirituelle et théologique.



Quatre conférences ont ponctué ces journées.

Dieu dans les quêtes spirituelles de nos contemporains - Lytta Basset, Philosophe et théologienne protestante, ancienne doyenne de la faculté de théologie de l'université de Neuchâtel.

Aujourd’hui nous assistons à une usure de Dieu. Cependant la question de sens se pose de plus en plus et avec elle apparaît la question du divin. La spiritualité n’est plus le monopole des églises. D’ailleurs nos contemporains ont quitté les églises et refusent un certain nombre d’attitudes.

  • Il y a un refus de l’inauthenticité, du blabla religieux. Le messager fait partie du message.
  • Il y a également un refus de l’argument d’autorité. Nos contemporains exigent de penser par eux mêmes, d’expérimenter par eux mêmes. 
  • Il  y a une aspiration à une nouvelle pentecôte. Il faut trouver les mots qui permettent de communiquer. 
  • Un autre refus est celui de l’incohérence ;  la contradiction entre la parole et le geste ne passe plus. 
  • A cela s’ajoute le refus du dogmatisme ecclésial ; le public n’adhère plus les yeux fermés : on a le droit d’être intelligent. Et puis la tendance est à rejeter la supériorité du croire. Il est important d’être crédible et la crédibilité augmente avec la reconnaissance du non savoir, avec le consentement à l’échec, en faisant le deuil d’une certaine représentation de Dieu, en acceptant le vide de la non réponse. L’homme d’aujourd’hui refuse de valoriser Dieu au détriment de l’être humain : la gloire de Dieu c’est l’être humain vivant. Là où Dieu devient consistant c’est lorsque nous sommes devant un être vivant. 

Parallèlement, certaines représentations de Dieu sont devenues stériles :  le Dieu coupable  (faire exister Dieu pour lui taper dessus), le Dieu pervers auquel on ne peut plus faire confiance, le Dieu absurde , le Dieu indifférent, le Dieu impuissant dont la seule excuse de Dieu est qu’il n’existe pas. Dans la Bible le concept de Dieu tout puissant n’existe pas. El Shaddaï que l’on traduit parfois comme “tout puissant” signifie d’abord celui qui dit « assez », celui qui dit « cela suffit », celui qui pose des limites.


Qu’est ce qui nous fera connaître le Vivant ? la Présence ? le Tout-Autre ?

  1. C’est une expérience de la transcendance, pas une expérience d’Eglise. C’est l’expérience de la filialité : je suis précédé par quelqu’un, je viens de quelqu’un, quelqu’un m’a désiré, me désire.
  2. Une perception d’un souffle divin : En Exode 3, Dieu dit, je suis celui qui suis ou plutôt je serai qui je serai.  Dieu bouge, Dieu est le souffle. Dieu est ce qui nous entraîne, ce qui nous fait bouger, ce qui nous  fait sortir de nos esclavages ;  on ne le reconnaît que lorsque l’on entre dans un processus de libération. 
  3. Le passage par la souffrance. Je peux faire l’expérience du Dieu absent, j’arrête de chercher Dieu et les autres me reflètent comment Dieu m’habite. Les autres me disent la présence de Dieu.

Pour conclure : il s’agit de croire en la Bienveillance qui se tient cachée au fond de l’être humain.


Spiritualité avec ou sans Dieu -  Gabriel Ringlet, prêtre, théologien, journaliste et ancien recteur à l'université de Louvain en Belgique

Quelques phrases entendues….
L’art tutoie l’âme, l’art s’adresse à l’âme.
L’art renouvelle la religion.
L’artiste a davantage conscience de la blessure, il tente d’en faire une grâce.
La poésie est devenue face au dévoiement du religieux l’autre parole spirituelle, liée à notre part d’humanité.
Il faut habiter le profane pour qu’il devienne sacré.
La spiritualité est trop fondamentale pour l’abandonner aux religieux fondamentalistes.
A travers une démarche spirituelle on est amené à transformer le monde. La célébration est le lieu où l’on se donne les moyens de transfigurer le monde.
L’Esprit Saint, le Souffle Saint, c’est le souffle entre deux personnes, c’est le courant qui passe, le courant qui rend vivant.
Communiquer est un acte d’amour.
Dieu change de visage : il hurle, il est une brise légère, … on a le droit de l’inventer… de trouver des mots masculins et féminins qui le disent.



Le christianisme et les fondements de la vie commune. 1980-2010 » par Denis Pelletier, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Avant 68 la politique s’occupait de la vie sociale  alors que le religieux était cantonné à l’intime, au privé. Depuis,  le politique envahit l’intime, chassant d’une certaine manière le religieux du lieu où il s’était réfugié. Durant les dernières années la politique a affirmé l’égalité des sexes aussi bien dans la vie publique que privée grâce à des lois sur la parité. La politique de la famille légifère sur les nouvelles manières de faire famille (pacs, homoparentalité). Les débats politiques se déplacent sur les questions qui concernent la vie. Jusqu’à présent la vie relevait de la providence. Maintenant la vie est gérée par la politique : naissance assistée, législation sur la fin de vie, politique de prévention. Il y a deux manières de lire cette évolution, soit le religieux perd son dernier terrain, soit la politique se trouve en face du religieux et il y a réintroduction de la figure de Dieu dans la politique. Dieu est plus fugitif, nous sommes en présence d’un Dieu qui circule.


 « Pour aujourd'hui quel Dieu ? » Raphaël Picon, doyen de la faculté libre de théologie protestante de Paris

Nul ne peut imposer Dieu à un autre. La foi est l’expression fondamentale de notre liberté. Cette liberté qui valorise chacun et chacune. La foi est honnêteté intellectuelle. La foi c’est ce qui nous saisit, qui s’impose comme une réalité ultime (libéré de tout processus d’auto justification).
Dire Dieu c’est déjà ne plus le dire, il y a une relativité du discours théologique. Il s’agit de libérer  Dieu de tout courant dogmatique. Le Dieu de Jésus Christ est  une  puissance créatrice qui nous tourne vers l’avenir. Il est le Dieu des horizons nouveaux.
Nos convictions ne peuvent pas dire le Tout. Notre pensée doit s’accepter comme limitée, elle sait que Dieu lui échappe.
Le christianisme est la religion du « ET ». C’est l’articulation entre Dieu et l’humain. A cause du ET Dieu est AVEC, Dieu doit faire AVEC. Dieu est un Dieu qui compose, qui se laisse transformer, un Dieu sans « barbe ». Le christianisme est une religion qui libère l’humain, le met debout. Dieu est le partenaire de l’homme, il est la puissance même de l’être. L’humain est porté par un souffle divin. Le ET signifie que Dieu et l’homme ont besoin l’un de l’autre. Penser Dieu et l’humain ensemble c’est redonner une chance à Dieu et à l’humain., c’est redonner à l’humain la confiance en soi. « J’appelle Dieu l’Effort pour transformer la réalité ».  Dieu se reçoit à travers la médiation des autres (ce qui libère de deux fléaux : désespérer de soi et trop s’aimer).


Table ronde-débat: Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l'Homme :  Quatre jeunes : deux membres du  CCFD, un   d’ATD quart monde,  un collaborateur de la revue Silence.


Des témoignages très forts… tout homme est appelé à créer, à innover. Changeons nos regards pour changer le monde. Il faut rêver, lutter, résister et penser. Penser de manière globale pour agir localement. Il s’agit de croire en chaque combat, de le faire en groupe en passant du « je » au « nous ». L’important c’est la cohérence entre ce que je dis et ce que je fais.

Les ateliers, de nombreux atelier étaient proposés :


Et si nous parlions d'avenir  -  Quels ministères pour quelle Eglise  -  Célébrer autrement -   Prêtres, religieuses mariés :(in)fidélité à l'Evangile  -  Femmes I Hommes, sexe et genre - Comment dire et inventer une spiritualité -  Non violence - Evangile et droits de l'homme : Symbiose, Convergences ou Divergences -     La nature et les femmes - l'écoféminisme - Promouvoir la justice de l'Evangile - Le mépris à l'égard des pauvres - Un système économique pervers : moyens de résistance et de luttes - Economie et écologie : nos responsabilités - Accueil des étrangers et défense de leurs droits, les cercles de silence - Chrétiens et musulmans : un même Dieu et 2 mondes qui s'ignorent - Révolution /Subversion évangélique - Les intuitions oubliées de Vatican Il

 Forum des associations:

Une vingtaine d’associations présentaient leurs activités, leurs combats. Un moyen de se rendre compte de la diversité des personnes présentes sur les parvis…

Ensemble nous avons chanté :

 

MILLE RAISONS D'ESPERER -
LA VIE NOUS PORTE A LA CONFIANCE
 
Et

LE TEMPS EST VENU DE CROISER NOS ATTENTES
PLANTES SUR LE PARVIS NOUS GUETTONS L'AVENIR
LE TEMPS EST VENU QUE VIBRE L'EVANGILE
ET QUE NAISSE AU GRAND JOUR SA FORCE DE JUSTICE.

 

 

 

Nous avons conclu par le message d'espérance.

 

 

Si si nous y etions !

Lyon2

Rédigé par jonasalsace

Publié dans #Rencontres

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Pascale 05/12/2010 16:21



Un article dans les DNA (dernières nouvelles d'Alsace) du 5
décembre  de Marcel Metzger sur la réunion de Lyon.



Fernand 17/11/2010 21:36



Pour moi, ces quelques jours, avec Marie-Anne, avec les copains-copines de Jonas, des Parvis et tous les autres présents à Lyon pour ce grand rassemblement, m’auront  marqué pour 3 raisons
parmi d’autres :
1.    une authentique  image  d’église ! cela ne sent pas l’encens, le bénitier, la sacristie, le rite « respecté » et « expédié » !
une expérience d’église à travers une assemblée accueillie, organisée (c’est une forme de respect des personnes), interpellée (aucune des conférences n’a pris un ton lénifiant,
les questions des gens, nos questions n’étaient pas loin), invitée à l’expression (au moins pour dire l’espérance, mais aussi dans les échanges informels), soucieuse de l’explicite (trouver nos
mots, chercher les mots justes).


une assemblée consistante (je n’ose pas dire « riche ») tant sur le plan de l’émotionnel que du rationnel, forte de la force des individualités (les chaleureux, les penseurs, les
méthodiques, les organisés, les rigolos, les animateurs…etc.)
une assemblée où les hommes sont aussi nombreux que les femmes et réciproquement, ce qui se vérifie peu dans nos églises, ou inversement dans de nombreux conseils municipaux. Il y aura encore des
progrès à faire pour la tribune de l’AG des Parvis, Cécile étant bien seule au milieu des hommes, mais le bureau semble plus proche de la parité

2.    une expérience spirituelle, non la bondieuserie :
je retiens pour moi : « réduire l’écart entre le messager et le message ».
Sans succomber au mythe de la toute-puissance et du coup tomber dans le panneau de la culpabilité (parce que l’idéal n’est jamais atteint), prendre conscience (sans doute un peu de conversion) de
ce que nous disons, exprimons, révélons, par ce que nous sommes au quotidien, signe ou contre exemple de l’évangile en acte (je pense à ce qui a été dit par Lytta Basset et  Raphaël Picon –
ah les protestants : notre humanité médiatrice de la tendresse divine !)
je retiens aussi la force convaincante du message de l’évangile incarné par les membres d’associations très diverses, cela ne sent pas l’à peu près, le mièvre (chrétiens de l’Ain
en résistance, croyants en liberté, plein jour pour les compagnes de prêtres, droit et liberté en église, pour une église dégagée de l’école confessionnelle….etc.), mais aussi, à travers les 4
jeunes, la force du CCFD, d’ADT Quart Monde, une certaine aumônerie des jeunes, les scouts, l’alternative non-violente.

3.    une étape d’espérance pour les prochains temps : lorsque le quotidien laminera une partie de ces énergies nouvelles ou renouvelées, il reste des convictions
renforcées :
la religion n’est pas l’essentiel, par contre,  l’évangile  continue de remuer ciel et terre, si nous savons l’identifier et essayer de l’incarner.
le monde avancera en dépit des déformations religieuses, y compris vaticanes ou cléricales,
dès lors que nous faisons crédit à l’intelligence, au progrès, à l’art et à la culture du XXI° siècle et que nous oserons  regarder en face les outrances de cette même intelligence et ce
même progrès ;
dès que nous serons du coté des forces de la bienveillance et tout autant de la justice.
                    Strasbourg, le 17 novembre 2010 – Fernand Jehl
 





Anne-Marie 17/11/2010 08:17



Lyon une rencontre formidable.


La conférence de Lytta une véritable bouffée d'air


Très déçu par le carrefour sur les intuitions de vatican2 ou n'a été emis que des évidences, aucune avancée n'a été faite lors de ce carrefour


Celui sur les ministères a été plus possitif, et instructif


Bref une organisation splendide car avec la foule présente les horaires ont été respectés et a aucun moment je ne me suis senti bousculée.


(je vais voir avec Catherine et Bernard si nous pouvons faire un résumé du carrefour sur les ministères)



pascale 16/11/2010 22:04



D'abord des rencontres: des têtes grises avec le regard plein d'avenir, des personnes aux histoires riches, des
encore engagés dans l'Eglise (plus que je ne pouvais le penser), mais surtout des blessés de l'Eglise : des femmes, des laics que l'on a poussé vers la sortie, des homosexuels, des femmes de
pretres,..


 


Et quelques phrases issues des ateliers auxquels j'ai participé :


 


L'Eglise (catholique romaine) ne parle jamais d'avenir.


Pour désirer l'avenir, il faut être dans le monde et désirer le dialogue.


 


Dans la loi naturel, la loi c'est les hommes et la nature les femmes.


 


... un rassemblement à reconduire ... 


 


Pascale