Message au nouvel évêque auxiliaire de Strasbourg

Publié le 9 Août 2012

Au secours, Monsieur Vincent !

Note préliminaire. Selon le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, 1992, p. 1942, le titre « Monsieur » équivaut à « Monseigneur ».

 

L’Ami Hebdo du 29 juillet dernier vous a dédié une page entière de présentation (p. 3), en vous donnant l’occasion d’exprimer vos convictions, que vous formulez dans l’ambiance romaine de votre ministère précédent. Vous abordez, entre autres, la question des vocations, pour dire ceci :

« Les Alsaciens sont connus pour leur attachement aux traditions et leur sens de l’organisation, mais le danger est d’oublier de renouveler notre attachement au Christ par la fidélité à la prière communautaire et personnelle. C’est un des aspects de la baisse des vocations sacerdotales aujourd’hui, nous vivons souvent comme si nous n’avions plus besoin des prêtres, nous ne cherchons plus en lui l’homme de Dieu, mais l’animateur de structures et le prestataire d’actes religieux. Un jeune engagera difficilement toute sa vie dans le célibat pour une telle perspective ».

Vous avez raison : beaucoup de catholiques de notre diocèse sont contraints de vivre « comme s’ils n’avaient plus besoin des prêtres », puisqu’ils ne peuvent plus en rencontrer que de loin, les prêtres étant devenus si rares. De ce fait, ce qui constituait jadis une part importante du ministère des prêtres, dans la préparation au baptême et au mariage, la catéchèse, l’accompagnement des malades et des familles en deuil, sans oublier l’accompagnement spirituel, à présent tout cela est assuré dans une large mesure par des laïcs ; ce sont eux, maintenant, les « hommes et les femmes de Dieu » (1 Tm 6,11 ; 2 Tm 3,17). Cette rareté des rencontres concerne particulièrement les enfants et les jeunes, alors que les prêtres des générations précédentes avaient été appelés au ministère principalement à cet âge et dans un suivi personnel assuré par leurs aînés. Quant à la fidélité des catholiques à la prière communautaire et personnelle, elle est menacée par la réduction des célébrations, les regroupements, les réticences de la hiérarchie par rapport aux célébrations dominicales de la Parole, sans oublier les difficultés économiques provoquées par le déséquilibre financier entre l’entretien des églises et la diminution des rentrées. C’est un cercle vicieux : moins de célébrations dans les églises, mais autant de charges, surtout en hiver, alors pour réduire celles-ci, on réduit encore le nombre des célébrations !

Les catholiques d’Alsace voient effectivement les prêtres surtout comme des « animateurs de structures et des prestataires d’actes religieux », puisque ces prêtres, du fait de leur petit nombre, sont tellement sollicités par ces tâches qu’ils n’ont plus le temps pour autre chose, en particulier pour ce contact personnel avec les paroissiens des nombreuses communautés dont ils ont la charge.

Et s’il est difficile pour les jeunes d’engager toute leur vie dans le célibat pour une telle perspective, encourageons tous ces moins jeunes, des hommes mariés qui s’engagent pour cette mission par le diaconat permanent, avec le soutien de leurs épouses, preuve que le célibat ne doit pas être un obstacle pour la mission.

Monsieur Vincent, merci pour ces paroles courageuses, si du moins ma façon de les comprendre correspond à votre pensée. Mais on sait aussi que votre propos sur le célibat fait partie des conditions de recrutement des évêques de rit latin et que l’entretien rapporté se déroulait précisément à Rome.

Revenons en Alsace, où vous venez d’être nommé. Puisque, du fait de la raréfaction des prêtres l’appel de jeunes gens au ministère presbytéral se raréfie lui aussi, pris comme tous les catholiques d’Alsace dans ce cercle vicieux, quelles solutions préconisez-vous ?

 

Marcel Metzger

 

 

Rédigé par jonasalsace

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