Parler fait-il du mal à l'Église?

Publié le 16 Février 2011

Tel était le tire du « Stammtisch » du centre Porte Haute à Mulhouse, animé par J.Claude Esslin, philosophe. On peut, en effet, se poser la question aujourd'hui alors que de nombreux débats se développent dans l'Église.


Certains diront qu'il ne faut pas critiquer l'Église, elle est déjà assez mise cause en ce moment sur des questions douloureuses.. D'autres diront, ce n'est pas à moi de discuter, je ne suis pas compétent , d'autres iront même jusqu'à dire que c'est un péché. Alors, comment avoir une parole constructive et ouverte à tous, car nous sommes aussi l'Église ?


Par notre baptême, Dieu nous a confié, en son fils Jésus Christ, une nouvelle de joie, de paix et de salut pour tous les hommes et toutes les femmes de tous pays, de toutes cultures, de tous temps. Or cette nouvelle, qui passe, bien entendu, d'abord par nos attitudes, nos comportements, est transmise par la Parole et nous constatons que souvent cette Parole devient inaudible pour nos contemporains.


Alors, nous qui aimons l'Église, sinon nous l'aurions quitté depuis quelques années déjà, nous avons non seulement le droit mais encore le devoir de prendre la parole . Que pourrait dire et faire l'Église pour qu'elle devienne plus mûre et plus adulte ? Où et quand pouvonsnous débattre et peser sur une décision concernant l'organisation et même le gouvernement de notre Église ?


Pour que l'Église ne soit pas «de son temps » mais «pour ce temps », nous disons que prêtres et laïcs, fidèles du Christ, hommes et femmes, nous avons la capacité à prendre la parole. Pour que la Bonne Nouvelle puisse être annoncée au plus grand nombre, nous disons que l'Église à besoin de paroles, de débats afin que la vie y circule.


Nous voyons autour de nous trop de gens qui, rongés par la peur et la dépression, ne trouvant pas un espace de paroles, soit quittent l'Église sur la pointe des pieds, soit se tournent vers une « restauration» politique, sociale ou religieuse. Combien de laïcs engagés, usés, lassés, désabusés et même écoeurés, partent parce qu'on ne leur a pas donné la liberté de parole, ni une vraie responsabilité pour leur permettre de remplir pleinement leur mission.


Le moment est venu de prendre nos responsabilités de baptisés, non pour nous opposer à l'institution ecclésiale mais pour, avec elle, tracer de nouveaux chemins d'évangélisation et préparer notre avenir de chrétiens. Cet avenir passera sans doute par une prise de conscience du rôle de chacun, mais tout son rôle, qu'il soit homme ou femme, ce serait une avancée de l'humanité.


C'est pourquoi, en Église, levons-nous, parlons-nous et avançons pour que la vie et la joie promises par Jésus Christ circulent parmi ses membres et que, tous ensemble, nous soyons les témoins de l'Espérance.


La conférence catholique des baptisés de France et les réseaux du Parvis qui regroupent de nombreuses associations de croyants , nous aident à prendre la parole et la faire circuler.

Marie Antoinette DORNIER

Rédigé par jonasalsace

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