Synode sur la famille

Publié le 18 Décembre 2013

La foi de l’Eglise


Qui enseigne

L’Eglise catholique n’est pas la seule à dire la foi et la pratique à propos du mariage. Il est scandaleux de qualifier les Eglises orthodoxes en particulier d’une moindre fidélité à l’enseignement du Christ à cause de leur pratique de la « miséricorde ».

 

La réception

Au moment où l’Eglise s’interroge sur la réception de la doctrine, on ne peut oublier les textes des épiscopats commentant l’encyclique Humanae vitae comme partie prenante de l’énoncé et la réception de la foi.

Si l’encyclique parle admirablement de la responsabilité parentale, l’épiscopat français, en particulier, rétablit le primat de la conscience dans le choix des moyens pour mettre en œuvre cette responsabilité, apportant un infléchissement important à certains passages d’Humanae vitae. Cela fait aussi partie de la doctrine et de sa réception.

 

Foi et morale face à l’histoire

Les jeunes chrétiens vivent dans leur immense majorité (plus de 90%)  une vie conjugale avant le mariage. Ils ne pensent pas que c’est là pécher. Que va dire la doctrine quand elle veut prendre en compte l’histoire ? Nous sommes une religion structurellement liée à l’histoire et à son évolution, qui modifient les liens de solidarité et la compréhension de la sexualité.

 

Reconnaissance de nullité

Bien des chrétiens renoncent à demander la « reconnaissance de nullité » de leur mariage qui est devenu un échec. Parce que l’échec n’enlève rien à ce qui a été vécu en vérité et qui fut aussi un épanouissement pour les conjoints et leurs enfants. L’approche juridique de la reconnaissance de nullité  est perçue comme une dévalorisation des personnes et une négation d’une part de sa vie.

 

Echec, faute et évolution

Il faut redire inlassablement la place du pardon dans toute vie de couple pour que celle-ci puisse continuer. Mais il faut prendre en compte les échecs. La miséricorde est toujours la bienvenue. Elle ne suffit pas.

 

L’évolution d’une personne

Le pape François invite à être attentif à la question comment l’homme se comprend aujourd’hui.

Il se perçoit comme une construction, une œuvre à accomplir c’est-à-dire faisant des choix non au gré du vent mais de la foi et de l’expérience de la vie. Ces choix tiennent compte  de l’histoire vécue et des promesses faites, certes, mais des possibilités et des impossibilités pour telle personne de vivre telle ou telle situation. Ce n’est pas un individualisme forcené mais la prise en compte de nos limites dans un monde où les moyens d’autonomie de la personne sont donnés.

Les sciences humaines nous rendent attentifs à des situations conflictuelles insurmontables, qui peuvent apparaître quelle que soit la bonne volonté des personnes et cela ne veut pas dire qu’il y ait eu immaturité antérieure.

Quel que soit le discernement fait, même avec l’invocation de l’Esprit, nos choix sont faits avec la liberté du regard que l’on s’autorise, c’est-à-dire dont on est capable à ce moment-là. La vie commune peut révéler en cours de route, des impossibilités liées à des composantes personnelles et à l’évolution saine  des personnes.

L’homme d’aujourd’hui ne renonce pas à s’engager pour la vie, par amour et de toutes ses forces. Mais il le fait en sachant qu’il n’est pas maître absolu de tout son être. L’évolution d’une personne peut lui faire mesurer combien des « sacrifices » acceptés sont en fait mortifères pour elle-même et pour son entourage.

 

Le manque de foi = un argument bien difficile

Assurément, bien des mariages sont célébrés par des personnes de « peu de foi », ou de foi en Dieu, sans que le Christ ait une place vivifiante, sans que le mystère de la mort et de la résurrection soit reçu. 

Dira-t-on que personne militante, généreuse et à la foi un peu fruste manque de foi suffisante pour le mariage ? Quelle exigence peut-on formuler ? Comment la mesurer ? Pour la réception d’un enfant au baptême, l’exigence de foi est « réduite » à la foi en un Dieu.

Faut-il prévoir une préparation sur une ou deux années comme pour le catéchuménat des adultes ?

 

Le nombre

On ne dira jamais assez que le groupe des divorcés ayant construit une nouvelle histoire d’amour, dans les larmes et la conversion, n’est pas une réalité marginale au sein du peuple de Dieu.

 

L’exigence de réconciliation

La réconciliation, pacification, avec le premier conjoint est souhaitable. Elle est souvent plus facile avec la famille de ce partenaire. Peut-être faut-il travailler à la réconciliation d’un(e)  divorcé(e) avec lui-même, à la pacification des relations avec les enfants.

A ce prix l’accueil à la communion de ces personnes, quand elles vivent une nouvelle alliance, n’est pas un contre-témoignage.

 

Vincent

Rédigé par jonasalsace

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