Publié le 22 Avril 2014

Les Réseaux du Parvis : Les jeunes entre héritage et avenir

 

Revue de la Fédération des Réseaux des Parvis

n° 62 - Mai-Juin 2014

 

Editorial

 

La jeunesse » n’existe pas en tant que telle. Délimité par le critère biologique de l’âge et par quelques caractéristiques socioculturelles aussi vagues que générales, le terme jeunesse regroupe une grande variété de catégories hétérogènes. Comment comparer les jeunes des quartiers périphériques avec ceux des couches sociales moyennes ou aisées ? Les laissés pour compte voués au chômage et à la marginalité n’ont quasiment rien en commun avec les jeunes qui réussissent vaille que vaille à s’intégrer, et moins encore avec les privilégiés qui formeront demain les élites. La distance qui sépare le passé, le vécu actuel et les perspectives d’avenir des uns et des autres est profondément intériorisée au double plan individuel et collectif. « À chacun selon son héritage ! » proclame l’inique sagesse dominante.

 

Mais un même défi s’impose à la génération montante dans son ensemble. Il faudra empêcher qu’une prolifération incontrôlée de la finance et de la technologie détruise la planète et engloutisse l’humanité. La rapine visant à maximiser les profits immédiats hypothèque l’avenir. Si l’ado de banlieue et le futur trader ne sont certes pas logés à la même enseigne, l’un et l’autre subiront tôt ou tard les méfaits de cette folle fuite en avant. Qu’ils s’en indignent ou en tirent parti dans l’immédiat, tous les jeunes se trouvent en position de victimes potentielles d’une évolution mortifère. Sauront-ils acquérir le discernement et la pugnacité que commandent les périls écologiques et socioéconomiques de notre temps ? Sauront-ils innover pour instaurer un monde plus juste et plus solidaire ? Avec quelles références et quels moyens ?

 

L’avenir dépendra forcément de la créativité des jeunes, ou de leur démission. C’est eux qui fourniront à leur tour les parents et les responsables de la cité. Foin des résistances profanes et religieuses qui se cramponnent au passé en l’idéalisant, qui stigmatisent le changement pour pérenniser les pouvoirs et les avoirs de l’ordre établi ! La génération qui monte aura à réussir une mutation de civilisation plus décisive par sa promptitude et par l’ampleur de ses enjeux que celle du néolithique. Un défi qui exige d’accéder à une profonde intériorité, d’inventer des modes de vie et d’engagement inédits, d’oser repenser et refaçonner le monde pour sauvegarder l’homme. En plus de la Parole toujours neuve issue des origines, l’époque actuelle dispose de capacités plus prodigieuses que jamais pour humaniser la planète.

 

Il n’y aura pas de Grand Soir, mais la vie invente la vie. Il faudra qu’elle l’emporte sur le culte du veau d’or qui sacrifie les valeurs personnelles et collectives sur l’autel du profit ! Pour cela, ce n’est pas de morale ou de religion que les jeunes ont le plus besoin, c’est d’abord de pouvoir imaginer que la vie peut encore s’offrir juste et belle, que l’amour peut encore fleurir et fructifier. Mais qui croira avec eux à cette « bonne nouvelle » en respectant leur fragilité et leur liberté ? Pour les aider à vivre heureux et à rendre le monde plus fraternel, il faut les accueillir tels qu’ils sont, se mettre à l’écoute de leurs aspirations et de leurs souffrances, soigner leurs blessures et leur rendre confiance, leur assurer les formations et les emplois dont ils ont besoin, se battre pour eux et à leurs côtés pour instaurer des politiques plus humaines.

Jean-Marie Kohler


Sommaire du dossier

 

Jeunes nous rêvions de changer le monde. Nous espérions que les progrès des sciences liés à une plus juste répartition des richesses de la terre et au respect universel des droits de l'homme apporteraient à l'humanité une période de félicité inconnue jusqu'alors. Aujourd'hui, quel héritage laissons-nous aux générations montantes ? Les jeunes ont raison de nous critiquer de n'avoir pas fait du travail un droit, d'abandonner l'économie à la finance internationale, d'épuiser les richesses de la terre par leur exploitation incontrôlée.

 

Leur avons-nous au moins laissé les moyens de relever les défis auxquels ils seront confrontés ? L'époque actuelle dispose de prodigieux moyens de communication entre les personnes. Aidons-les à s’en servir pour humaniser la planète. Les sciences humaines contribuent activement à l'épanouissement des personnes. Faisons de nos écoles des lieux de créativité.

 

Que faut-il encore aux jeunes pour vivre heureux et pour rendre le monde plus fraternel ? Peut-être que nous soyons à l'écoute de leurs aspirations et de leurs doutes. Que nous les accueillions avec leurs fragilités et leurs souffrances. Qu'à notre contact, ils trouvent confiance en eux-mêmes et que s'éveille en eux l'espérance dans un avenir qui leur laissera le temps d'aimer et d'être aimés. Du bonheur pour ceux qui donnent et ceux qui reçoivent, des plus anciens aux plus jeunes. 

 

L'essentiel est reçu, mais tout est à réinventer (Jean-Marie-Kohler)

Face à la dislocation des structures sociales et des solidarités traditionnelles par une globalisation ultralibérale deshumanisante,

il est nécessaire de repenser le devenir des jeunes en se référant aux valeurs humaines universelles.  Celles-ci  sont  à réintégrer

en fonction des réalités contemporaines largement inédites.

 

Que vivent les jeunes en France ? (Anthony Favier)

Pour les anciens, les jeunes n'ont pas toujours bonne presse. En fait, dans nos sociétés du changement, les aînés connaissent-ils réellement les jeunes ? Ceux-ci furent nombreux à répondre à des questions que leur posait France 2 sur leur identité, leurs désirs, leurs préoccupations... Ecoutons-les. Nous révéler leurs codes et leurs goûts. Nous dévoiler leurs aspirations au bonheur et leur besoin de reconnaissance. Nous confier leurs craintes de l'avenir.

 

Un choix lucide et audacieux (Lucienne Gouguenheim)

Les responsables politiques ont choisi de sauver les banques, quitte à endetter lourdement les Etats et à limiter l'accès aux biens communs tels que l'argent et le travail. Pour les jeunes, la sortie de cette crise passe par la transition écologique qui exige une restructuration économique accompagnée de créativité sociale et politique.

 

Jeunesse en mouvement (Jean-Bernard Jolly)

L'expérience apprend rapidement aux jeunes que la débrouille individuelle n'est pas efficace  dans la durée et que l'union fait la force. Les jeunes désirent prendre en charge leur devenir propre et celui de leur environnement acquérant ainsi des compétences et le sens des responsabilités si possible sous l'œil critique d'adultes.

 

La jeunesse étudiante chrétienne (JEC), un mouvement de jeunes pour les jeunes et par les jeunes (Jean-Paul Blatz)

"Voir, Juger, Agir " : les méthodes de la JEC ont formé plusieurs générations de femmes et d'hommes aujourd'hui en responsabilité dans la vie politique sociale et économique. Le mouvement s'est engagé pour la justice et la paix. Il a traversé les crises de la société et a toujours su évoluer et s'adapter aux changements.

 

Le cadeau de Taizé aux jeunes (Jean-Paul Blatz)

Rapprocher les jeunes : tel fut et reste l'objectif des frères de Taizé. Rapprocher d'abord les jeunes de confessions différentes. Rapprocher ensuite les jeunes de toutes les régions européennes. En faisant d'eux les acteurs responsables d'une Europe des libertés, de la démocratie, des droits humains et de la solidarité.

 

Des ponts jetés entre les âges pour un meilleur "vivre ensemble" (Françoise Gaudeul)

Des liens se tissent entre aînés et jeunes. Discrètement, mais pour le plus grand bien des uns et des autres. Nous en sommes tous témoins dans la vie quotidienne. Confidences échangées, petits services rendus, solitude brisée...

 

Engagements dans le social et la politique, quoi et comment ? (Jean-Pierre Schmitz)

Beaucoup de jeunes souhaitent s'investir au service de la collectivité. Certains feront un métier de cet engagement. D'autres souhaitent un service civique obligatoire pour garçons et filles. D'autres encore sont prêts à prendre des responsabilités politiques en vue du bien commun.

 

Génération indignée (Jean-Paul Blatz)

Les jeunes sont sensibles aux injustices, à la violence, à la haine. Et ils s'en indignent en mouvements aussi spontanés qu'éphémères. Quel est leur poids face aux gouvernants ? En démocratie, ne faudrait-il pas privilégier les engagements à long terme, dans des organismes dont le rôle est de réguler les relations entre tous les acteurs de la vie publique, politique et économique ? 

 

La formation et la transmission des valeurs, en panne ou en pleine mutation ? (Georges Heichelbech)

L'école républicaine a pour ambition de donner à tous les jeunes la même éducation et les mêmes chances de réussite dans la société. De nos jours on reproche souvent au système éducatif de ne pas préparer tous les jeunes au marché du travail. Comment l'école peut-elle faire face aux défis futurs de la formation et de la transmission des valeurs ?

 

Jean-Paul Blatz

 

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Publié dans #Informations - communications

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Publié le 4 Mars 2014

L'Action catholique des femmes a lancer une campagne suite à   l'exhortation du Pape François" les femmes de l'ACF plaident pour que  les femmes accèdent à part égale avec les hommes aux instances  décisionnelles de l'Eglise." Elles proposent un "Mur de Paroles":

A Mulhouse, ce mur de Paroles sera proposé à l'église Ste Marie le  dimanche 9 mars à l'issue de la messe de 19h.  A la fin de la messe, il y aura un pot pendant lequel  un échange  sera organisé sur le thème de la participation des femmes aux  instances décisionnelles de l'Eglise.
Les paroles rédigées seront collées sur le mur avant d'être   envoyées au national.
Ce jour- là, l'homélie sera prononcée par une femme. Ce sera une   belle soirée pour les femmes de notre Eglise à laquelle vous êtes  cordialement invités.

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Publié dans #Rencontres

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Publié le 3 Mars 2014

 Les membres du groupe Jonas Strasbourg, assemblée de chrétiens catholiques engagés pour un renouvellement de la pensée et des pratiques au sein de l’Eglise catholique comme au sein des sociétés s’interroge et partage sa grande inquiétude à l’approche des élections municipales. Un propos qui réagit à diverses tentatives de manipulation et de prise en otage de la référence évangélique, aujourd’hui où certaines candidatures à l’élection municipale se prévalent de leur appartenance à l’Opus Dei.

 

Est-il besoin de retourner dans l’histoire des 60 dernières années, en Espagne comme dans divers pays d’Amérique latine, pour comprendre combien les coalitions mortifères entre responsables d’Eglise et responsables politiques ont entraîné de violence et de déni des droits et de la dignité humaine ? Et ceci sous l’influence de l’Opus Dei. Sans parler du machisme dominant qui s’exprime dans ses rangs tant dans le pouvoir clérical que dans le cantonnement des femmes hors des responsabilités majeures.

 

Nous tenions à exprimer notre réprobation la plus vive quant aux tentatives d’infiltration de cette pensée et de ces pratiques dans les institutions civiles locales.

 

La culture de l’élitisme et du secret ne saurait se conjuguer avec les responsabilités éminentes d’un élu d’une république laïque qui s’honore de sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité.

 

Pour nous, un silence coupable serait synonyme de notre détournement du visage du Christ dont la Parole rend libre, dont l’incarnation réaffirme l’égale dignité de tout être, dont l’accueil de l’étranger manifeste l’harmonie d’une humanité réconciliée.

 

 

Marie-Anne Jehl

présidente de Jonas Strasbourg

maf.jehl@wanadoo.fr

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Publié le 3 Mars 2014

 

Notre époque a-t-elle tué la solitude ? Nos emplois du temps sont surchargés. Nos repos sont envahis de paroles et d'images médiatiques. Nos vacances sont emplies d'activités programmées en avance. Est-ce pour autant que nous vivons des relations humaines épanouissantes ou, confrontés aux conflits, des remises en question non moins nécessaires à nos vies ?  Le stress de nos existences ne cacherait-il pas des solitudes inavouées ? Par une accumulation de liens virtuels et de biens marchands ne cherchons-nous pas à refouler dépression et addictions ? Sommes-nous conscients que notre société d'abondance tolère une autre forme de solitude, celle des personnes privées d'instruction et exclues du partage des biens ?

 

Autant de questions proposées à notre réflexion dans une solitude intérieure, que nous vivions en couple ou en communauté. Là peuvent s'enfanter nos engagements spirituels, éthiques et politiques. Là nous retrouvons la force de croire en l'homme. Là aussi nous préparons notre départ. Lorsque chacun d'entre nous quittera ce monde, seul. L'expérience de la solitude nous libérera peut-être de l'angoisse de l'inconnu et de la peur de perdre les biens du monde pour un passage vécu dans l'apaisement et la confiance.

 

 

  Editorial

 

" Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? " À son paroxysme sur le Golgotha, ce cri de détresse monte vers le ciel depuis des millénaires et retentira jusqu’à la fin  des temps. Il y a trop de souffrance sur notre terre, trop de trahisons et de meurtres. Que  de passions déçues et, pour finir, l’inéluctable passage par la mort ! Et pourtant, la vie l’emporte,  l’espérance et la joie demeurent. Même quand tout semble s’effondrer, l’amour peut subsister et  sauvegarder le monde. Aucune déréliction n’est irrémédiable. Heureux les hommes qui ouvrent  des chemins de libération et de vie à travers les solitudes, qui secourent les malheureux et combattent le mal. Telle est notre vocation sur les parvis et dans la société.

 

La plus répandue des solitudes est celle infligée aux êtres privés du minimum nécessaire pour  vivre humainement. Ils sont innombrables de par la terre, ceux qui ont faim, n’ont pas de logement décent et pas de gagne-pain, ne peuvent pas se soigner et s’instruire, se voient condamnés  à la marginalité et au mépris, sont broyés par les guerres. Au lieu de remédier à la solitude  générée par ces misères, l’ultralibéralisme ne cesse de l’aggraver. La pauvreté est stigmatisée,  voire criminalisée : les exclus sont déclarés coupables de leur exclusion, le peu d’assistance dont  ils bénéficient leur est reproché, et ils finissent par endosser cette culpabilité. Contre ces maux,  l’Évangile appelle à la subversion sociale et politique.

 

La solitude induite par certaines dérives technologiques est plus insidieuse. Il arrive que l’isolement des individus culmine alors qu’ils sont submergés d’ « amis » par les réseaux sociaux, et  reliés au monde entier par un déluge de communications. Évinçant la liberté tout en la glorifiant,  les comportements commandés  par la publicité

créent l’insupportable solitude d’un vide intérieur que la compulsion consumériste ne peut pas combler. Accumulation de liens virtuels et de biens marchands. SMS insignifiants, multiple boulimie, chaises roulantes alignées devant la  télé dans les hospices, c’est le règne des addictions et de la dépression. Prodigieux est cependant  le progrès technologique quand il est mis au service de l’homme.

 

Sous couvert d’épanouissement, le narcissisme véhiculé par le marché ouvre sur un gouffre  de solitude. Chacun est sommé d’assouvir de suite et sans états d’âme les désirs d’un ego invité  à se vouloir roi ou dieu. L’idéologie régnante démocratise cette perspective en la banalisant, et s’ingénie à en occulter les enjeux tragiques. Le «moi» hypertrophié et décomplexé abusera sans vergogne d’autrui et du monde. Obsession de jouissance et de pouvoir enracinée dans l’archaïque rêve de toute-puissance infantile. Illusoire liberté, antichambre du néant peuplée d’ombres où le «je» privé de partenaires s’évanouit. Mais le bonheur peut-il éclore hors du  partage, hors d’un vivre ensemble au service de tous et respectueux de l’avenir ?

 

Aux antipodes de ces fléaux, une heureuse solitude  offre sa fécondité à tous les hommes passionnés d’amour, de liberté et de création. Aux plus humbles comme aux penseurs, aux artistes, aux mystiques, aux prophètes profanes et religieux. Une sublime et modeste solitude intérieure  à la dimension de la terre et des cieux, d’où sourd la force de croire en l’homme et en l’infini qui  le transcende. Là s’enfantent notre être unique et les engagements spirituels, éthiques et politiques qui délivrent les humains des solitudes maudites. Accueil de l’altérité avec les joies qu’elle  prodigue, et pari pour la vie en dépit des limites de notre finitude. Pour accomplir l’homme, la  haute solitude et la communion s’appellent et se conjuguent.

 

Jean-Marie Kohler

 

 

 

Sommaire des articles du dossier

 

 

Seul, avec la terre et le ciel en partage (Jean-Marie Kohler)

La douloureuse béatitude d’un exclu : humble parmi les humbles, il avait pour premiers compagnons la terre, les arbres, les animaux, et des enfants. Laissé de côté par la société, il se savait habité par une force qui le gardait disponible à autrui et heureux en dépit de tout. Parce que unique et libre, l’homme vit seul de sa naissance à sa mort, mais il ne devient homme et ne peut le rester que grâce aux autres qui peuplent sa solitude et la transforment en communion.

 

Chantal et Antoine, solitude à l’hôpital psychiatrique (Philippe)

Dans ce lieu largement stigmatisé, Philippe nous raconte deux parcours étonnants ; celui de Chantal qui sait que son amour viendra la chercher et qui attend ce moment depuis trente ans sans se soucier d’autre chose, et celui d’Antoine qui déborde de manifestations d’affection dans l’espoir de quelques rayons de soleil en retour.

 

L’appel de la solitude (Daniel Duigou)

Inspiré dès son jeune âge par la lecture de Charles de Foucauld, Daniel Duigou -psychanalyste, journaliste et prêtre - a quitté la ville pour un ermitage perdu au Maroc. Ce n’est pas pour mourir qu’il a "quitté", mais pour se réaliser dans son existence d’homme. Chacun de nous est appelé à réinterpréter sa vie selon une coupure qui sépare et donne naissance. Quelles sont nos difficultés pour vivre la séparation et gagner notre autonomie ?

 

La solitude en France aujourd’hui (Lucienne Gouguenheim)

Une récente enquête de la Fondation de France a révélé que 5 millions de personnes sont actuellement touchées par la solitude (peu ou pas de relations sociales dans les divers réseaux habituels de sociabilité), ce qui représente 2 millions de plus qu’en 2010. Analyse des principaux facteurs de la solitude, des lieux où elle progresse, des solutions pour en sortir - avec en exemple Les jardins partagés et La réhabilitation de logements par les habitants eux-mêmes.

 

Seul dans la foule et dans la ville (Georges Heichelbech)

Une des principales mutations en cours réside dans le passage de la société communautaire traditionnelle à une société individualiste urbaine, où l’individu échappe à la pression du groupe. La solitude n’est pas simplement le fait de vivre seul, mais plutôt le sentiment de ne pas être reconnu, de ne compter pour personne, d’être rejeté par les autres. Comment créer de la mixité et du lien social dans les banlieues et les cités dortoirs ? Question de moyens, mais aussi de volonté.

 

La solitude à l’époque des nouvelles technologies de l’information (Anthony Favier)

 

La « révolution » numérique change la communication dans nos sociétés, mais elle ne parvient pas toujours à remédier à la solitude. Il ne suffit pas de se rassurer par le contact avec un grand nombre de personnes soigneusement tenues à distance ! Ces relations s’avèrent souvent inconsistantes. La solitude numérique nous renvoie à nos propres lignes de fractures sociales et nous rappelle que la justice et la dignité vont au delà de la satisfaction des besoins matériels. Comment passer du repli à l’ouverture sur la sociabilité numérique ?

 

Solitude au soir de la vie (Réjane Harmand)

Vers la fin de leur vie, beaucoup éprouvent le besoin de reconsidérer ce qu’a été leur existence, les étapes parcourues et les changements intervenus, afin de se centrer sur l'essentiel. Que de certitudes abandonnées pour de nouveaux horizons ! Donner un sens à ma vie, donner un sens à ma mort… Bien que prévisible, le départ de ceux que l’on aime représente toujours un bouleversement, une souffrance qui peut nous isoler, mais qui peut aussi nous ouvrir et nous aider à avancer.

 

Bienheureuse solitude... (Françoise Gaudeul)

La solitude semble être la cause de tous les malheurs pour les uns, tandis qu’elle représente le seul remède à la douleur de vivre pour les autres. Dans certaines traditions, elle est le passage obligé vers la communication universelle. Elle s'apprend, elle est conquête personnelle pour une rencontre avec soi-même, avec l'autre, avec un être transcendant, avec Dieu…

 

La solitude : malédiction ou vertu ? (Jean-Paul Blatz)

Les théologiens juifs et chrétiens ont cherché à donner sens à la solitude, à y remédier ou à en faire une vertu. De la solitude de l’homme dans le Premier Testament à celle que Jésus a lui-même recherchée ou subie, puis à la solitude de ses disciples invités à vivre dans la fraternité, nous sommes amenés à trouver Dieu dans la communauté, et Il nous conduira vers la solitude !

 

La solitude dans d’autres cultures et religions (Jean-Pierre Schmitz)

Le besoin de solitude est évoqué dans de multiples textes religieux et philosophiques  partout dans le monde. L’isolement et la solitude sont deux choses différentes. En Extrême-Orient, la densité des foules semble exclure la solitude. Mais Bouddha a enseigné que la véritable solitude est intérieure, et Lao Tseu a dit que l’homme sage a besoin d’être seul pour embrasser sa solitude et réaliser son unicité avec tout ce qui est.

 

L’être humain, pèlerin solitaire (Jean-Bernard Jolly)

« Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu je retournerai à la terre. » Evocation du dénuement et de l’isolement de l’homme, de sa naissance à sa mort, dans le livre de Job. Chaque pèlerin solitaire mène sa vie dans le rapport aux autres. Rapport original vécu entre la conscience de l'individu et la contrainte du groupe. Il revient à chaque être humain de faire pour lui-même le choix de sa vie, sans se laisser aliéner par les conditionnements sociaux et les rites.

 

Françoise Gaudeul

 

 

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Publié le 23 Février 2014

Lu dans une proposition de célébration dominicale animée par des laïcs :


« Tous se lèvent au moment où l’on chante l’acclamation de l’Évangile. L’Évangile, cependant, n’est pas proclamé, mais lu. Celui qui en fait la lecture ne s’avance pas à l’ambon en procession et accompagné des cierges ou de l’encens. Il se contente de dire avec sobriété : De l’Évangile de Jésus Christ selon saint N. Aucune acclamation n’en conclut la lecture … »


C’est comme si l’Évangile voyageait en 2e classe, la 1e classe étant réservée implicitement à sa lecture par le clergé, qui a le privilège de saluer l’assemblée par la formule « Le Seigneur soit avec vous… » Soit. 


Mais à qui l’encens et les cierges sont-ils destinés ? À l’Évangile ou à son lecteur ? Si le lecteur n’en est pas digne, pourquoi pénaliser l’Évangile ? Il faudrait au contraire doubler la ration d’encens (si l’assemblée le supporte) et quadrupler les cierges, pour compenser l'infériorité du lecteur !


Marcel Metzger

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