Publié le 12 Décembre 2010

Vient de paraître : Célébrations dominicales de la Parole

    Recueil de l'assemblée
 

 

par Marcel Metzger
avec la collaboration de François Wernert


Vous êtes rassemblés dans votre église le dimanche, l'heure de la messe a sonné, mais le prêtre n'arrive pas. On attend quelques minutes, et on finit par apprendre qu'il est bloqué par une panne de voiture, ou pire.

Votre paroisse restructurée recouvre un vaste territoire comprenant plusieurs agglomérations ou quartiers, avec autant d'églises. Chaque dimanche l'eucharistie n'est célébrée que dans une ou deux églises disponibles. Vous le regrettez et vous souhaitez au moins un moment de prière dans votre église, qui autrement resterait inutilisée de longs mois.

L'équipe pastorale locale a déjà décidé d'organiser des célébrations de la Parole de Dieu dans les autres églises privées d'eucharistie.

Vous êtes alors dans une situation prévue par le concile Vatican Il qui encourage la célébration de la Parole de Dieu.. .les dimanches et jours de fête, surtout dans les localités privées de prêtres (Constitution sur la liturgie, 4 décembre 1963).

Mais vous ne savez comment faire.
Vous craignez que votre petite communauté n'ait pas les ressources pour répondre à cet appel. Ce livret répond à une telle attente.
[Extrait de la présentation]


Je tiens à remercier vivement Monsieur le Doyen Marcel Metzger pour son beau travail et je prolonge ma gratitude par une suggestion à l'adresse des lecteurs de ce livre : pourquoi ne pas utiliser certains matériaux de ce livre pour des assemblées de prière qui seraient organisées aussi en semaine ? Ainsi apparaîtrait clairement que la célébration de la Parole de Dieu n'est pas seulement un succédané de l'Eucharistie lorsque celle-ci ne peut être célébrée, mais encore une dimension essentielle et quotidienne de la foi chrétienne.
Jean-Pierre Grallet Archevêque de Strasbourg
[Extrait de la préface]

 

Edition du Signe - Strasbourg - 2010 11,80 Euros

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Publié le 12 Décembre 2010

Les racines

 

Au premier siècle, les Juifs attendaient un libérateur, un Messie (en grec : un Christ), quelqu’un qui a reçu l’onction royale de la part de Dieu, comme David. Pendant sa vie publique (entre l’an 28 et 30), Jésus sera parfois acclamé comme « Fils de David ». Dans les années 80, l’évangile de Matthieu s’adresse surtout à des chrétiens venus du judaïsme. Il s’agit de leur montrer que Jésus est bien enraciné dans leur peuple. C’est pourquoi cet évangile commence par la généalogie juive de Jésus (Mt 1,1). Il s’agit d’une généalogie masculine. Elle mentionne 41 noms d’hommes. Mais, contrairement aux habitudes, elle ajoute cinq femmes. Qui sont-elles ? Tamar est une Cananéenne, la belle fille de Juda (un des patriarches), puis la mère de ses fils (1). Rahab est une prostituée de Jéricho, modèle de la foi (2). Ruth est une étrangère qui épousa Booz et devint la grand-mère de David (3). La femme d’Urie (dont le nom n’est pas donné) est Bethsabée, prise par David à Urie et mère de Salomon (4) ; et Marie (5) l’épouse de Joseph « de laquelle naquit Jésus ». Au départ toutes ces femmes se trouvent dans une situation « hors normes » en Israël : étrangères, prostituées, adultères, suspectées de relations illicites. Toutes sont réhabilitées. Cette réhabilitation est une invitation au lecteur à changer de regard. Grâce à la présence de Tamar, de Rahab et de Ruth, cette généalogie judéo-juive s’ouvre largement aux nations.

 

Le texte


Généalogie de Jésus Christ (Messie), fils de David, fils d’Abraham… (v. 1) (seuls les versets concernant les femmes sont maintenant cités)

Juda engendra Pharès et Zara de Tamar (v.2)…

Salmon engendra Boos, de Rahab Booz engendra Jobed de Ruth (v. 5)

David engendra Salomon de la femme d’Urie (v. 6)

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie de laquelle naquit Jésus que l’on appelle Christ (v. 16)

(Matthieu 1, 1-16).

 

Aujourd’hui


Ce texte proposé par la liturgie de Noël (6) peut être une invitation à nous demander ce que signifie pour nous aujourd’hui cette ouverture aux Nations voulue par Matthieu et à renouveler notre regard sur toutes celles, et ceux, qui semblent hors normes et sont méprisés.

 

 

Traduit et commenté par Albert Hari

(1) L’histoires de Tamar, absente des lectures liturgiques, figure en Genèse 38.

(2) Voir Josué 2, 1-24.

(3) Voir le livre de Ruth

(4) Voir 2 Samuel 11-12.

(5) Voir Matthieu 1, 19.

(6) Messe du 24 décembre au soir.

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 5 Décembre 2010

Lors de sa canonisation en 1998, certains - les avocats du diable - affirmaient qu'Edith Stein (1891-1942) avait été favorable à l'ordination presbytérale des femmes. Qu'en a-t-il été en réalité ? La réponse se trouve dans un de ses ouvrages publié en 1931 : Vocation de l'homme et de la femme selon l'ordre de la grâce et de la nature.

 

Jésus et les femmes

 

Dans une démarche d'exégète et de théologienne, Edith Stein cherche à connaître les relations que Jésus entretenait avec les femmes. Elle écrit :

 

Abordons maintenant la question difficile et controversée du sacerdoce féminin. Si nous considérons le comportement de notre Seigneur sur ce point, nous voyons qu'il a agréé le service de charité librement offert qu'accomplissaient des femmes pour lui et les siens, qu'il y avait des femmes parmi ses disciples et ses plus proches intimes - mais il ne leur a jamais octroyé le sacerdoce, pas même à sa mère, la reine des apôtres, qui surpassait toute l'humanité en perfection et en plénitude de grâce.

 

Dans ce texte Edith Stein constate que Jésus reconnaissait aux femmes un ministère, celui de la diaconie. Elle relève aussi que le ministère sacerdotal - tel qu'il est défini par la théologique catholique traditionnelle - ne leur a pas été octroyé par Jésus. Aux hommes non plus.

 

L'ordination diaconale dans l'Eglise primitive

 

L'Eglise primitive connaît une activité caritative multiforme des femmes au sein des communautés, une grande influence apostolique des femmes qui confessent la foi et des martyres. Elle connaît la virginité consacrée et aussi un service ecclésial ordonné, le diaconat féminin, avec sa propre ordination diaconale, mais elle n'a jamais introduit le sacerdoce de la femme [E.S.]

 

Dans l'Eglise primitive, la diaconie - féminine et masculine - est officiellement instituée et reconnue par une ordination.

 

La régression médiévale

 

Dans le développement ultérieur de l'histoire, les femmes ont été écartées de ces services et il s'est produit un déclin progressif de leur position dans le droit ecclésial, sous l'influence, à ce qu'il semble, de représentations issues de l'Ancien Testament et du droit romain [E.S.]

 

A l'époque médiévale, les femmes furent écartées du diaconat. Pour justifier cette discrimination on rejetait le caractère progressif de la révélation en subsistant à son accomplissement en Christ (et dans les évangiles) des références à des états antérieurs qui ne sont, en fait, que des étapes dans son parachèvement chronologique.

 

Vers une nouvelle ministérialité ordonnée

 

L'époque moderne montre un changement avec un besoin fort d'investir les forces féminines dans le travail caritatif de l'Eglise et l'aide spirituelle. Du côté féminin se déploient des efforts pour redonner à cette activité le caractère d'un service ecclésial ordonné et il se peut bien que ce désir soit un jour entendu. Serait-ce un premier pas sur un chemin qui aboutirait finalement au sacerdoce féminin, c'est toute la question. Au plan du dogme, rien ne me semble interdire que l'Eglise introduise une nouveauté aussi inédite [E.S.]

 

Pour Edith Stein la restauration du diaconat féminin pourrait être une étape vers l'admission des femmes au ministère presbytéral ordonné. Ses intuitions fondamentales, servies par un raisonnement bibliquement argumenté, sont toujours d'actualité.

 

Edith  Stein  est arrivée  à la  conclusion que la ministérialité dans - et en dehors de - l'Eglise revêt le caractère d'un service de la personne et non celui d'une médiation entre le divin et. l'humain, entre le sacré et le profane.

 

Critique de la tradition

 

Est-ce à recommander en pratique ? Il y a bien des arguments pour et contre. Contre, il y a toute la tradition, des origines à nos jours. Et surtout, selon moi, le fait mystérieux que je soulignais déjà plus haut : Christ vint sur terre en fils de l'homme ; la première créature sur terre qui fut façonnée en un sens éminent à l'image de Dieu fut un homme. Cela me paraît indiquer qu'il désirait introniser comme ses représentants ministériels sur terre seulement des hommes [E.S.]

 

Edith Stein met l'accent sur la confusion, particulièrement dans la langue française, entre deux sens donnés au mot homme. L'homme est aussi bien un membre de l'espèce humaine  qu'une personne de sexe masculin. En allemand, on distingue bien le premier (Mensch) du second (Mann, opposé à  Frau). Gott ist Mensch geworden. Homo factus est (homo et non vir, opposé à mulier). Dans l'Evangile, Christ a pris corps en notre humanité.

 

Pareillement Dieu n'a pas créé avec Adam un être humain de sexe masculin, mais le premier représentant de l'espèce humaine afin, précisément, de rendre impossible toute discrimination future en fonction du sexe. Une volonté divine que l'Eglise romaine n'est toujours pas prête à faire sienne.

 

La vocation des baptisé(e)s

 

Mais il y avait une femme qui lui était le plus unie que tous les autres êtres sur la terre qui avait été créée à son image bien davantage qu'aucun autre être humain avant ou après elle. Il lui a donné pour l'éternité une place unique dans l'Eglise ; ainsi a-t-il appelé de tous temps des femmes à lui être unies d'une manière très profonde, comme messagères de son amour, comme porte-parole de sa volonté auprès des rois et des papes, comme préparatrices de l'avènement de son Règne dans le cœur des hommes. Il ne saurait y avoir une plus haute vocation que celle de sponsa Christi, d'épouse du Christ, et quiconque voit ce chemin s'ouvrir n'en désirera aucun autre.

 

Appartenir à Dieu dans un don de soi libre et amoureux, ce n'est pas seulement la vocation  de quelques élus, mais de toute chrétien, consacré ou non, homme ou femme, chacun est appelé à suivre le Christ [E.S.]

 

Edith Stein considère que suivre le Christ est la vocation de tout baptisé et non seulement de quelques personnes consacrées. Elle distingue clairement la vocation - un appel adressé par Dieu à chaque chrétien - et le ministère - un appel adressé par des hommes à d'autres hommes (et femmes) à s'engager dans des fonctions au service des personnes et des communautés ecclésiales.

 

 

 

 

Plusieurs décennies avant Vatican II, Edith Stein esquisse des perspectives pour une réforme de l'Eglise catholique par un retour à la Parole de Dieu comme source de toute réflexion théologique en général et ecclésiologique en particulier. Soixante-dix ans après sa mort, cette réforme en est encore à ses balbutiements.

 

Aujourd'hui, elle parlerait, peut-être, même d'une nouvelle régression. Une évolution qu'il nous appartient de contrecarrer non seulement comme porte-parole auprès des papes, mais aussi comme messagères et messagers de Son amour...

 

J.P.Blatz

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Publié le 26 Novembre 2010

                               Les pieds dans le bénitier

                                                                  Anne Soupa et Christine Pedotti

 lespiedsdanslebenitier

Comme plusieurs d'entre nous, j'ai eu beaucoup de plaisir à entendre la conférence d'Anne Soupa le 18  octobre au centre Mounier à Strasbourg. Les analyses qu'elle a développées n'étaient certes pas  nouvelles pour nous mais sa force de conviction, son dynamisme, sa détermination à ce que les choses bougent ont certainement conquis une grande partie du public. J'ai donc profité de la librairie présente au rassemblement des Réseaux du Parvis pour acheter le livre qu'elle cosigne avec Christine Pedotti, les pieds dans le bénitier.


J'y ai retrouvé, formulées avec vigueur et sans langue de bois, leurs réflexions sur la situation faite a ux laïcs, et singulièrement aux femmes, dans l'église catholique. Le chapitre 2, « soutane rouge et jupons blancs », recèle quelques formules décapantes qui font du bien : « Comme les esclaves à Rome autrefois, les femmes font tout. Le ménage, les fleurs, les chants, le catéchisme, les formations bibliques, les visites aux malades, les doctorats de théologie. Elles font tout sauf décider. » (p. 44) ; ou encore p. 49 la magnifique tirade sur le « petit club » du Vatican, trop longue   pour être citée ici intégralement mais qui vibre d'une juste et sainte colère !

Bref, des critiques claires et fermes, une argumentation étayée, par exemple sur la question du différentialisme et de la complémentarité, « c'est la femme qui est complémentaire de l'homme, jamais l'inverse » (p.41). 


Parallèlement à cette démonstration, les auteures racontent et expliquent leur cheminement, du Comité de la Jupe à la Conférence Catholique des Baptisé(e)s de France. Si on peut regretter, comme je le fais avec d'autres, que la spécificité du sort fait aux femmes se soit trop vite dissoute dans la question de la responsabilité des baptisés, il n'en reste pas moins que ces deux femmes-là agissent avec une belle énergie et des compétences certaines en communication ! Mais quand même, on peut s'interroger sur leur certitude qu'il est possible de faire changer les choses de l'intérieur et, qui plus est, sans contester a priori les règles de fonctionnement actuelles. Elles s'adressent ainsi à celles et  ceux qui souhaitent les rejoindre à la CCBF et à qui elles demandent d’exprimer « 100 idées à mettre en actes » :  « Afin que les idées que vous allez avoir, ou que vous avez déjà, puissent être immédiatement suivies d'effet, nous vous demandons d'accepter de vous situer dans les règles actuelles de l'Église catholique : discipline du célibat masculin pour les prêtres, non-admission des divorcés remariés à la communion eucharistique, gouvernement central du Vatican... » (p. 231). Là, sincèrement, j’ai du mal à suivre, tout simplement parce que, avec beaucoup d'autres, nous n'en sommes plus là !


Et il faut bien alors en arriver à ce qui, à mes yeux, affaiblit grandement la portée de cet ouvrage : on n'y trouve aucune référence, aucune allusion ou presque à tous les groupes, mouvements, associations, qui depuis longtemps ont dit ces choses-là et qui ont pris leurs responsabilités, parfois leurs risques, en affirmant leurs convictions haut et fort, de l'intérieur, du seuil... ou des parvis. A moins que tout cela ne soit résumé p. 142 « Nous pouvons, encore et encore, user nos poings jusqu'au sang sur les portes de bronze du système romain actuel, d'autres avant nous s'y sont essayés, en pure perte. Que leur expérience serve au moins à épargner nos forces ! »...ou encore p. 162 : « Lorsque le peuple catholique s'est échiné à se faire entendre, haut et clair, dans tous les synodes, dans toutes les marches, dans des requêtes multiples et diverses, dans tous les livres blancs possibles, depuis les années soixante-dix, quand il a imploré plus ardemment encore que l'importun de l'Évangile à qui Jésus lui-même dit qu'on doit céder, qu'est-il advenu ? Rien, les portes de bronze sont restées closes. »

On a le sentiment qu'avant elles, rien de sérieux ou de crédible n'a été dit ou fait pour faire bouger l'église catholique ou du moins que ce qui a été fait n'a été que de l'ordre des doléances, des suppliques, attitudes qu'elles considèrent, à juste titre, comme infantilisantes. Mais que font-elles des apports si riches des mouvements d'action catholique, des théologiens de la libération et de tant de communautés, y compris paroissiales, qui ont fait avancer tranquillement les choses ? Par exemple, dans de très nombreuses paroisse ou autres communautés, l'amitié fraternelle et la conviction que « nous ne sommes pas les comptables de l'amour de Dieu » (dixit un ami prêtre) ont amené des responsables, prêtres et laïcs, à transgresser sereinement la loi de la non-admission des divorcés remariés au partage eucharistique.


Nous savons à quel point, dans les années 80 et 90 du XXième siècle, des hommes et des femmes ont réellement pris leurs responsabilités dans leurs communautés chrétiennes, à quel point ils/elles ont su être adultes dans leur foi... malgré la remise en ordre impulsée par le Vatican et ses satellites, légionnaires et autres fers de lance de la soi-disant tradition. Non, nous ne nous sommes pas contenté(e)s de quémander, nous avons agi et nous agissons encore ! Sur le seul plan des célébrations, j’aurais bien aimé qu’Anne Soupa et Christine Pedotti partagent la nôtre à Sélestat le 17 octobre, elles y auraient vu que nous savons d’être « majeurs dans la foi », sans crainte… mais peut-être trop discrètement.


De la même manière, je suis très étonnée de ne trouver dans ce livre aucune bibliographie, donc pratiquement aucune référence à des auteurs, théologiens ou non, qui accompagnent depuis longtemps ces « cathos progressistes » (ou réformateurs ?) que nous sommes : Hans Küng est cité une fois, ainsi qu'Albert Rouet, c'est bien peu ! Il ne manque pourtant pas d’ouvrages essentiels qui ont mis en mots justes nos préoccupations et nous ont ouvert de nouveaux horizons. Et où sont aussi les penseurs des autres confessions, chrétiennes ou non, dont le regard sur le catholicisme nous est si précieux ? Il est pourtant certain, compte tenu des parcours de Christine Pedotti et Anne Soupa, qu'elles ont lu, et même beaucoup ! Et pourtant leur livre pourrait faire croire qu'elles sont les seules à développer une réflexion sur cette question, ce qui, j'en suis sûre, n'est pas leur intention.

Bref, sans vouloir trop vite généraliser, il me semble que ce que j'ai lu confirme ce qui nous a gênés lors de la création de la CCBF, à l'occasion de la marche du 11 octobre 2009. Nous avions compris que nous ne pouvions y participer qu'en tant que personnes individuelles, pas en tant que groupes ou communautés constitués. Toujours cette impression d'une volonté de faire table rase...


Alors ? Puisque nous sommes invités par le message d'Espérance des Réseaux du Parvis, à « porter à la lumière ce qui est en train de naître », je souhaite que mes réflexions ne soient pas perçues comme un jugement, mais comme un éclairage. Le choix de la CCBF de se situer résolument dans l'église catholique est légitime, je me réjouirai avec beaucoup d'autres de tout ce qu'elle pourra faire avancer concrètement pour que l'Évangile soit mieux annoncé par les catholiques, mais je suis certaine que cela implique aussi un travail en contact permanent avec tous les autres acteurs (et penseurs) de ce renouveau si nécessaire. Nous avons compris et expérimenté sur les Parvis l'exigence et la richesse de ces rencontres qui permettent de construire ensemble sans viser une fusion illusoire.


Et en tout cas, merci à Anne Soupa et Christine Pedotti d'ouvrir ainsi une nouvelle porte dans la citadelle Église : plus il y a de portes ouvertes, plus il y a de courants d’air et plus le Vent pourra souffler, du parvis au chœur !

 

Marie-Anne Jehl

 

 

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Publié le 16 Novembre 2010

Des femmes et des hommes rassemblés au nom de l’Evangile



En attendant les actes de ce rassemblement qui paraîtront en mai 2011 voici un aperçu de ce que nous avons partagé pendant ces deux jours.


Lors de l’ouverture de la rencontre Cécile Entremont a rappelé les valeurs communes des parvis à savoir :

  • la fidélité au message de l'Évangile
  • la primauté de l'humain et des chemins d'humanisation
  • la nécessité du dialogue et du débat,
  • la fraternité humaine et la solidarité face à toutes les exclusions
  •  la liberté de recherche spirituelle et théologique.



Quatre conférences ont ponctué ces journées.

Dieu dans les quêtes spirituelles de nos contemporains - Lytta Basset, Philosophe et théologienne protestante, ancienne doyenne de la faculté de théologie de l'université de Neuchâtel.

Aujourd’hui nous assistons à une usure de Dieu. Cependant la question de sens se pose de plus en plus et avec elle apparaît la question du divin. La spiritualité n’est plus le monopole des églises. D’ailleurs nos contemporains ont quitté les églises et refusent un certain nombre d’attitudes.

  • Il y a un refus de l’inauthenticité, du blabla religieux. Le messager fait partie du message.
  • Il y a également un refus de l’argument d’autorité. Nos contemporains exigent de penser par eux mêmes, d’expérimenter par eux mêmes. 
  • Il  y a une aspiration à une nouvelle pentecôte. Il faut trouver les mots qui permettent de communiquer. 
  • Un autre refus est celui de l’incohérence ;  la contradiction entre la parole et le geste ne passe plus. 
  • A cela s’ajoute le refus du dogmatisme ecclésial ; le public n’adhère plus les yeux fermés : on a le droit d’être intelligent. Et puis la tendance est à rejeter la supériorité du croire. Il est important d’être crédible et la crédibilité augmente avec la reconnaissance du non savoir, avec le consentement à l’échec, en faisant le deuil d’une certaine représentation de Dieu, en acceptant le vide de la non réponse. L’homme d’aujourd’hui refuse de valoriser Dieu au détriment de l’être humain : la gloire de Dieu c’est l’être humain vivant. Là où Dieu devient consistant c’est lorsque nous sommes devant un être vivant. 

Parallèlement, certaines représentations de Dieu sont devenues stériles :  le Dieu coupable  (faire exister Dieu pour lui taper dessus), le Dieu pervers auquel on ne peut plus faire confiance, le Dieu absurde , le Dieu indifférent, le Dieu impuissant dont la seule excuse de Dieu est qu’il n’existe pas. Dans la Bible le concept de Dieu tout puissant n’existe pas. El Shaddaï que l’on traduit parfois comme “tout puissant” signifie d’abord celui qui dit « assez », celui qui dit « cela suffit », celui qui pose des limites.


Qu’est ce qui nous fera connaître le Vivant ? la Présence ? le Tout-Autre ?

  1. C’est une expérience de la transcendance, pas une expérience d’Eglise. C’est l’expérience de la filialité : je suis précédé par quelqu’un, je viens de quelqu’un, quelqu’un m’a désiré, me désire.
  2. Une perception d’un souffle divin : En Exode 3, Dieu dit, je suis celui qui suis ou plutôt je serai qui je serai.  Dieu bouge, Dieu est le souffle. Dieu est ce qui nous entraîne, ce qui nous fait bouger, ce qui nous  fait sortir de nos esclavages ;  on ne le reconnaît que lorsque l’on entre dans un processus de libération. 
  3. Le passage par la souffrance. Je peux faire l’expérience du Dieu absent, j’arrête de chercher Dieu et les autres me reflètent comment Dieu m’habite. Les autres me disent la présence de Dieu.

Pour conclure : il s’agit de croire en la Bienveillance qui se tient cachée au fond de l’être humain.


Spiritualité avec ou sans Dieu -  Gabriel Ringlet, prêtre, théologien, journaliste et ancien recteur à l'université de Louvain en Belgique

Quelques phrases entendues….
L’art tutoie l’âme, l’art s’adresse à l’âme.
L’art renouvelle la religion.
L’artiste a davantage conscience de la blessure, il tente d’en faire une grâce.
La poésie est devenue face au dévoiement du religieux l’autre parole spirituelle, liée à notre part d’humanité.
Il faut habiter le profane pour qu’il devienne sacré.
La spiritualité est trop fondamentale pour l’abandonner aux religieux fondamentalistes.
A travers une démarche spirituelle on est amené à transformer le monde. La célébration est le lieu où l’on se donne les moyens de transfigurer le monde.
L’Esprit Saint, le Souffle Saint, c’est le souffle entre deux personnes, c’est le courant qui passe, le courant qui rend vivant.
Communiquer est un acte d’amour.
Dieu change de visage : il hurle, il est une brise légère, … on a le droit de l’inventer… de trouver des mots masculins et féminins qui le disent.



Le christianisme et les fondements de la vie commune. 1980-2010 » par Denis Pelletier, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Avant 68 la politique s’occupait de la vie sociale  alors que le religieux était cantonné à l’intime, au privé. Depuis,  le politique envahit l’intime, chassant d’une certaine manière le religieux du lieu où il s’était réfugié. Durant les dernières années la politique a affirmé l’égalité des sexes aussi bien dans la vie publique que privée grâce à des lois sur la parité. La politique de la famille légifère sur les nouvelles manières de faire famille (pacs, homoparentalité). Les débats politiques se déplacent sur les questions qui concernent la vie. Jusqu’à présent la vie relevait de la providence. Maintenant la vie est gérée par la politique : naissance assistée, législation sur la fin de vie, politique de prévention. Il y a deux manières de lire cette évolution, soit le religieux perd son dernier terrain, soit la politique se trouve en face du religieux et il y a réintroduction de la figure de Dieu dans la politique. Dieu est plus fugitif, nous sommes en présence d’un Dieu qui circule.


 « Pour aujourd'hui quel Dieu ? » Raphaël Picon, doyen de la faculté libre de théologie protestante de Paris

Nul ne peut imposer Dieu à un autre. La foi est l’expression fondamentale de notre liberté. Cette liberté qui valorise chacun et chacune. La foi est honnêteté intellectuelle. La foi c’est ce qui nous saisit, qui s’impose comme une réalité ultime (libéré de tout processus d’auto justification).
Dire Dieu c’est déjà ne plus le dire, il y a une relativité du discours théologique. Il s’agit de libérer  Dieu de tout courant dogmatique. Le Dieu de Jésus Christ est  une  puissance créatrice qui nous tourne vers l’avenir. Il est le Dieu des horizons nouveaux.
Nos convictions ne peuvent pas dire le Tout. Notre pensée doit s’accepter comme limitée, elle sait que Dieu lui échappe.
Le christianisme est la religion du « ET ». C’est l’articulation entre Dieu et l’humain. A cause du ET Dieu est AVEC, Dieu doit faire AVEC. Dieu est un Dieu qui compose, qui se laisse transformer, un Dieu sans « barbe ». Le christianisme est une religion qui libère l’humain, le met debout. Dieu est le partenaire de l’homme, il est la puissance même de l’être. L’humain est porté par un souffle divin. Le ET signifie que Dieu et l’homme ont besoin l’un de l’autre. Penser Dieu et l’humain ensemble c’est redonner une chance à Dieu et à l’humain., c’est redonner à l’humain la confiance en soi. « J’appelle Dieu l’Effort pour transformer la réalité ».  Dieu se reçoit à travers la médiation des autres (ce qui libère de deux fléaux : désespérer de soi et trop s’aimer).


Table ronde-débat: Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l'Homme :  Quatre jeunes : deux membres du  CCFD, un   d’ATD quart monde,  un collaborateur de la revue Silence.


Des témoignages très forts… tout homme est appelé à créer, à innover. Changeons nos regards pour changer le monde. Il faut rêver, lutter, résister et penser. Penser de manière globale pour agir localement. Il s’agit de croire en chaque combat, de le faire en groupe en passant du « je » au « nous ». L’important c’est la cohérence entre ce que je dis et ce que je fais.

Les ateliers, de nombreux atelier étaient proposés :


Et si nous parlions d'avenir  -  Quels ministères pour quelle Eglise  -  Célébrer autrement -   Prêtres, religieuses mariés :(in)fidélité à l'Evangile  -  Femmes I Hommes, sexe et genre - Comment dire et inventer une spiritualité -  Non violence - Evangile et droits de l'homme : Symbiose, Convergences ou Divergences -     La nature et les femmes - l'écoféminisme - Promouvoir la justice de l'Evangile - Le mépris à l'égard des pauvres - Un système économique pervers : moyens de résistance et de luttes - Economie et écologie : nos responsabilités - Accueil des étrangers et défense de leurs droits, les cercles de silence - Chrétiens et musulmans : un même Dieu et 2 mondes qui s'ignorent - Révolution /Subversion évangélique - Les intuitions oubliées de Vatican Il

 Forum des associations:

Une vingtaine d’associations présentaient leurs activités, leurs combats. Un moyen de se rendre compte de la diversité des personnes présentes sur les parvis…

Ensemble nous avons chanté :

 

MILLE RAISONS D'ESPERER -
LA VIE NOUS PORTE A LA CONFIANCE
 
Et

LE TEMPS EST VENU DE CROISER NOS ATTENTES
PLANTES SUR LE PARVIS NOUS GUETTONS L'AVENIR
LE TEMPS EST VENU QUE VIBRE L'EVANGILE
ET QUE NAISSE AU GRAND JOUR SA FORCE DE JUSTICE.

 

 

 

Nous avons conclu par le message d'espérance.

 

 

Si si nous y etions !

Lyon2

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Rédigé par jonasalsace

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