Publié le 26 Novembre 2010

                               Les pieds dans le bénitier

                                                                  Anne Soupa et Christine Pedotti

 lespiedsdanslebenitier

Comme plusieurs d'entre nous, j'ai eu beaucoup de plaisir à entendre la conférence d'Anne Soupa le 18  octobre au centre Mounier à Strasbourg. Les analyses qu'elle a développées n'étaient certes pas  nouvelles pour nous mais sa force de conviction, son dynamisme, sa détermination à ce que les choses bougent ont certainement conquis une grande partie du public. J'ai donc profité de la librairie présente au rassemblement des Réseaux du Parvis pour acheter le livre qu'elle cosigne avec Christine Pedotti, les pieds dans le bénitier.


J'y ai retrouvé, formulées avec vigueur et sans langue de bois, leurs réflexions sur la situation faite a ux laïcs, et singulièrement aux femmes, dans l'église catholique. Le chapitre 2, « soutane rouge et jupons blancs », recèle quelques formules décapantes qui font du bien : « Comme les esclaves à Rome autrefois, les femmes font tout. Le ménage, les fleurs, les chants, le catéchisme, les formations bibliques, les visites aux malades, les doctorats de théologie. Elles font tout sauf décider. » (p. 44) ; ou encore p. 49 la magnifique tirade sur le « petit club » du Vatican, trop longue   pour être citée ici intégralement mais qui vibre d'une juste et sainte colère !

Bref, des critiques claires et fermes, une argumentation étayée, par exemple sur la question du différentialisme et de la complémentarité, « c'est la femme qui est complémentaire de l'homme, jamais l'inverse » (p.41). 


Parallèlement à cette démonstration, les auteures racontent et expliquent leur cheminement, du Comité de la Jupe à la Conférence Catholique des Baptisé(e)s de France. Si on peut regretter, comme je le fais avec d'autres, que la spécificité du sort fait aux femmes se soit trop vite dissoute dans la question de la responsabilité des baptisés, il n'en reste pas moins que ces deux femmes-là agissent avec une belle énergie et des compétences certaines en communication ! Mais quand même, on peut s'interroger sur leur certitude qu'il est possible de faire changer les choses de l'intérieur et, qui plus est, sans contester a priori les règles de fonctionnement actuelles. Elles s'adressent ainsi à celles et  ceux qui souhaitent les rejoindre à la CCBF et à qui elles demandent d’exprimer « 100 idées à mettre en actes » :  « Afin que les idées que vous allez avoir, ou que vous avez déjà, puissent être immédiatement suivies d'effet, nous vous demandons d'accepter de vous situer dans les règles actuelles de l'Église catholique : discipline du célibat masculin pour les prêtres, non-admission des divorcés remariés à la communion eucharistique, gouvernement central du Vatican... » (p. 231). Là, sincèrement, j’ai du mal à suivre, tout simplement parce que, avec beaucoup d'autres, nous n'en sommes plus là !


Et il faut bien alors en arriver à ce qui, à mes yeux, affaiblit grandement la portée de cet ouvrage : on n'y trouve aucune référence, aucune allusion ou presque à tous les groupes, mouvements, associations, qui depuis longtemps ont dit ces choses-là et qui ont pris leurs responsabilités, parfois leurs risques, en affirmant leurs convictions haut et fort, de l'intérieur, du seuil... ou des parvis. A moins que tout cela ne soit résumé p. 142 « Nous pouvons, encore et encore, user nos poings jusqu'au sang sur les portes de bronze du système romain actuel, d'autres avant nous s'y sont essayés, en pure perte. Que leur expérience serve au moins à épargner nos forces ! »...ou encore p. 162 : « Lorsque le peuple catholique s'est échiné à se faire entendre, haut et clair, dans tous les synodes, dans toutes les marches, dans des requêtes multiples et diverses, dans tous les livres blancs possibles, depuis les années soixante-dix, quand il a imploré plus ardemment encore que l'importun de l'Évangile à qui Jésus lui-même dit qu'on doit céder, qu'est-il advenu ? Rien, les portes de bronze sont restées closes. »

On a le sentiment qu'avant elles, rien de sérieux ou de crédible n'a été dit ou fait pour faire bouger l'église catholique ou du moins que ce qui a été fait n'a été que de l'ordre des doléances, des suppliques, attitudes qu'elles considèrent, à juste titre, comme infantilisantes. Mais que font-elles des apports si riches des mouvements d'action catholique, des théologiens de la libération et de tant de communautés, y compris paroissiales, qui ont fait avancer tranquillement les choses ? Par exemple, dans de très nombreuses paroisse ou autres communautés, l'amitié fraternelle et la conviction que « nous ne sommes pas les comptables de l'amour de Dieu » (dixit un ami prêtre) ont amené des responsables, prêtres et laïcs, à transgresser sereinement la loi de la non-admission des divorcés remariés au partage eucharistique.


Nous savons à quel point, dans les années 80 et 90 du XXième siècle, des hommes et des femmes ont réellement pris leurs responsabilités dans leurs communautés chrétiennes, à quel point ils/elles ont su être adultes dans leur foi... malgré la remise en ordre impulsée par le Vatican et ses satellites, légionnaires et autres fers de lance de la soi-disant tradition. Non, nous ne nous sommes pas contenté(e)s de quémander, nous avons agi et nous agissons encore ! Sur le seul plan des célébrations, j’aurais bien aimé qu’Anne Soupa et Christine Pedotti partagent la nôtre à Sélestat le 17 octobre, elles y auraient vu que nous savons d’être « majeurs dans la foi », sans crainte… mais peut-être trop discrètement.


De la même manière, je suis très étonnée de ne trouver dans ce livre aucune bibliographie, donc pratiquement aucune référence à des auteurs, théologiens ou non, qui accompagnent depuis longtemps ces « cathos progressistes » (ou réformateurs ?) que nous sommes : Hans Küng est cité une fois, ainsi qu'Albert Rouet, c'est bien peu ! Il ne manque pourtant pas d’ouvrages essentiels qui ont mis en mots justes nos préoccupations et nous ont ouvert de nouveaux horizons. Et où sont aussi les penseurs des autres confessions, chrétiennes ou non, dont le regard sur le catholicisme nous est si précieux ? Il est pourtant certain, compte tenu des parcours de Christine Pedotti et Anne Soupa, qu'elles ont lu, et même beaucoup ! Et pourtant leur livre pourrait faire croire qu'elles sont les seules à développer une réflexion sur cette question, ce qui, j'en suis sûre, n'est pas leur intention.

Bref, sans vouloir trop vite généraliser, il me semble que ce que j'ai lu confirme ce qui nous a gênés lors de la création de la CCBF, à l'occasion de la marche du 11 octobre 2009. Nous avions compris que nous ne pouvions y participer qu'en tant que personnes individuelles, pas en tant que groupes ou communautés constitués. Toujours cette impression d'une volonté de faire table rase...


Alors ? Puisque nous sommes invités par le message d'Espérance des Réseaux du Parvis, à « porter à la lumière ce qui est en train de naître », je souhaite que mes réflexions ne soient pas perçues comme un jugement, mais comme un éclairage. Le choix de la CCBF de se situer résolument dans l'église catholique est légitime, je me réjouirai avec beaucoup d'autres de tout ce qu'elle pourra faire avancer concrètement pour que l'Évangile soit mieux annoncé par les catholiques, mais je suis certaine que cela implique aussi un travail en contact permanent avec tous les autres acteurs (et penseurs) de ce renouveau si nécessaire. Nous avons compris et expérimenté sur les Parvis l'exigence et la richesse de ces rencontres qui permettent de construire ensemble sans viser une fusion illusoire.


Et en tout cas, merci à Anne Soupa et Christine Pedotti d'ouvrir ainsi une nouvelle porte dans la citadelle Église : plus il y a de portes ouvertes, plus il y a de courants d’air et plus le Vent pourra souffler, du parvis au chœur !

 

Marie-Anne Jehl

 

 

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 16 Novembre 2010

Des femmes et des hommes rassemblés au nom de l’Evangile



En attendant les actes de ce rassemblement qui paraîtront en mai 2011 voici un aperçu de ce que nous avons partagé pendant ces deux jours.


Lors de l’ouverture de la rencontre Cécile Entremont a rappelé les valeurs communes des parvis à savoir :

  • la fidélité au message de l'Évangile
  • la primauté de l'humain et des chemins d'humanisation
  • la nécessité du dialogue et du débat,
  • la fraternité humaine et la solidarité face à toutes les exclusions
  •  la liberté de recherche spirituelle et théologique.



Quatre conférences ont ponctué ces journées.

Dieu dans les quêtes spirituelles de nos contemporains - Lytta Basset, Philosophe et théologienne protestante, ancienne doyenne de la faculté de théologie de l'université de Neuchâtel.

Aujourd’hui nous assistons à une usure de Dieu. Cependant la question de sens se pose de plus en plus et avec elle apparaît la question du divin. La spiritualité n’est plus le monopole des églises. D’ailleurs nos contemporains ont quitté les églises et refusent un certain nombre d’attitudes.

  • Il y a un refus de l’inauthenticité, du blabla religieux. Le messager fait partie du message.
  • Il y a également un refus de l’argument d’autorité. Nos contemporains exigent de penser par eux mêmes, d’expérimenter par eux mêmes. 
  • Il  y a une aspiration à une nouvelle pentecôte. Il faut trouver les mots qui permettent de communiquer. 
  • Un autre refus est celui de l’incohérence ;  la contradiction entre la parole et le geste ne passe plus. 
  • A cela s’ajoute le refus du dogmatisme ecclésial ; le public n’adhère plus les yeux fermés : on a le droit d’être intelligent. Et puis la tendance est à rejeter la supériorité du croire. Il est important d’être crédible et la crédibilité augmente avec la reconnaissance du non savoir, avec le consentement à l’échec, en faisant le deuil d’une certaine représentation de Dieu, en acceptant le vide de la non réponse. L’homme d’aujourd’hui refuse de valoriser Dieu au détriment de l’être humain : la gloire de Dieu c’est l’être humain vivant. Là où Dieu devient consistant c’est lorsque nous sommes devant un être vivant. 

Parallèlement, certaines représentations de Dieu sont devenues stériles :  le Dieu coupable  (faire exister Dieu pour lui taper dessus), le Dieu pervers auquel on ne peut plus faire confiance, le Dieu absurde , le Dieu indifférent, le Dieu impuissant dont la seule excuse de Dieu est qu’il n’existe pas. Dans la Bible le concept de Dieu tout puissant n’existe pas. El Shaddaï que l’on traduit parfois comme “tout puissant” signifie d’abord celui qui dit « assez », celui qui dit « cela suffit », celui qui pose des limites.


Qu’est ce qui nous fera connaître le Vivant ? la Présence ? le Tout-Autre ?

  1. C’est une expérience de la transcendance, pas une expérience d’Eglise. C’est l’expérience de la filialité : je suis précédé par quelqu’un, je viens de quelqu’un, quelqu’un m’a désiré, me désire.
  2. Une perception d’un souffle divin : En Exode 3, Dieu dit, je suis celui qui suis ou plutôt je serai qui je serai.  Dieu bouge, Dieu est le souffle. Dieu est ce qui nous entraîne, ce qui nous fait bouger, ce qui nous  fait sortir de nos esclavages ;  on ne le reconnaît que lorsque l’on entre dans un processus de libération. 
  3. Le passage par la souffrance. Je peux faire l’expérience du Dieu absent, j’arrête de chercher Dieu et les autres me reflètent comment Dieu m’habite. Les autres me disent la présence de Dieu.

Pour conclure : il s’agit de croire en la Bienveillance qui se tient cachée au fond de l’être humain.


Spiritualité avec ou sans Dieu -  Gabriel Ringlet, prêtre, théologien, journaliste et ancien recteur à l'université de Louvain en Belgique

Quelques phrases entendues….
L’art tutoie l’âme, l’art s’adresse à l’âme.
L’art renouvelle la religion.
L’artiste a davantage conscience de la blessure, il tente d’en faire une grâce.
La poésie est devenue face au dévoiement du religieux l’autre parole spirituelle, liée à notre part d’humanité.
Il faut habiter le profane pour qu’il devienne sacré.
La spiritualité est trop fondamentale pour l’abandonner aux religieux fondamentalistes.
A travers une démarche spirituelle on est amené à transformer le monde. La célébration est le lieu où l’on se donne les moyens de transfigurer le monde.
L’Esprit Saint, le Souffle Saint, c’est le souffle entre deux personnes, c’est le courant qui passe, le courant qui rend vivant.
Communiquer est un acte d’amour.
Dieu change de visage : il hurle, il est une brise légère, … on a le droit de l’inventer… de trouver des mots masculins et féminins qui le disent.



Le christianisme et les fondements de la vie commune. 1980-2010 » par Denis Pelletier, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Avant 68 la politique s’occupait de la vie sociale  alors que le religieux était cantonné à l’intime, au privé. Depuis,  le politique envahit l’intime, chassant d’une certaine manière le religieux du lieu où il s’était réfugié. Durant les dernières années la politique a affirmé l’égalité des sexes aussi bien dans la vie publique que privée grâce à des lois sur la parité. La politique de la famille légifère sur les nouvelles manières de faire famille (pacs, homoparentalité). Les débats politiques se déplacent sur les questions qui concernent la vie. Jusqu’à présent la vie relevait de la providence. Maintenant la vie est gérée par la politique : naissance assistée, législation sur la fin de vie, politique de prévention. Il y a deux manières de lire cette évolution, soit le religieux perd son dernier terrain, soit la politique se trouve en face du religieux et il y a réintroduction de la figure de Dieu dans la politique. Dieu est plus fugitif, nous sommes en présence d’un Dieu qui circule.


 « Pour aujourd'hui quel Dieu ? » Raphaël Picon, doyen de la faculté libre de théologie protestante de Paris

Nul ne peut imposer Dieu à un autre. La foi est l’expression fondamentale de notre liberté. Cette liberté qui valorise chacun et chacune. La foi est honnêteté intellectuelle. La foi c’est ce qui nous saisit, qui s’impose comme une réalité ultime (libéré de tout processus d’auto justification).
Dire Dieu c’est déjà ne plus le dire, il y a une relativité du discours théologique. Il s’agit de libérer  Dieu de tout courant dogmatique. Le Dieu de Jésus Christ est  une  puissance créatrice qui nous tourne vers l’avenir. Il est le Dieu des horizons nouveaux.
Nos convictions ne peuvent pas dire le Tout. Notre pensée doit s’accepter comme limitée, elle sait que Dieu lui échappe.
Le christianisme est la religion du « ET ». C’est l’articulation entre Dieu et l’humain. A cause du ET Dieu est AVEC, Dieu doit faire AVEC. Dieu est un Dieu qui compose, qui se laisse transformer, un Dieu sans « barbe ». Le christianisme est une religion qui libère l’humain, le met debout. Dieu est le partenaire de l’homme, il est la puissance même de l’être. L’humain est porté par un souffle divin. Le ET signifie que Dieu et l’homme ont besoin l’un de l’autre. Penser Dieu et l’humain ensemble c’est redonner une chance à Dieu et à l’humain., c’est redonner à l’humain la confiance en soi. « J’appelle Dieu l’Effort pour transformer la réalité ».  Dieu se reçoit à travers la médiation des autres (ce qui libère de deux fléaux : désespérer de soi et trop s’aimer).


Table ronde-débat: Nos convictions et nos pratiques pour construire un monde plus juste et plus solidaire dans le respect de la Terre et des droits de l'Homme :  Quatre jeunes : deux membres du  CCFD, un   d’ATD quart monde,  un collaborateur de la revue Silence.


Des témoignages très forts… tout homme est appelé à créer, à innover. Changeons nos regards pour changer le monde. Il faut rêver, lutter, résister et penser. Penser de manière globale pour agir localement. Il s’agit de croire en chaque combat, de le faire en groupe en passant du « je » au « nous ». L’important c’est la cohérence entre ce que je dis et ce que je fais.

Les ateliers, de nombreux atelier étaient proposés :


Et si nous parlions d'avenir  -  Quels ministères pour quelle Eglise  -  Célébrer autrement -   Prêtres, religieuses mariés :(in)fidélité à l'Evangile  -  Femmes I Hommes, sexe et genre - Comment dire et inventer une spiritualité -  Non violence - Evangile et droits de l'homme : Symbiose, Convergences ou Divergences -     La nature et les femmes - l'écoféminisme - Promouvoir la justice de l'Evangile - Le mépris à l'égard des pauvres - Un système économique pervers : moyens de résistance et de luttes - Economie et écologie : nos responsabilités - Accueil des étrangers et défense de leurs droits, les cercles de silence - Chrétiens et musulmans : un même Dieu et 2 mondes qui s'ignorent - Révolution /Subversion évangélique - Les intuitions oubliées de Vatican Il

 Forum des associations:

Une vingtaine d’associations présentaient leurs activités, leurs combats. Un moyen de se rendre compte de la diversité des personnes présentes sur les parvis…

Ensemble nous avons chanté :

 

MILLE RAISONS D'ESPERER -
LA VIE NOUS PORTE A LA CONFIANCE
 
Et

LE TEMPS EST VENU DE CROISER NOS ATTENTES
PLANTES SUR LE PARVIS NOUS GUETTONS L'AVENIR
LE TEMPS EST VENU QUE VIBRE L'EVANGILE
ET QUE NAISSE AU GRAND JOUR SA FORCE DE JUSTICE.

 

 

 

Nous avons conclu par le message d'espérance.

 

 

Si si nous y etions !

Lyon2

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 16 Novembre 2010

Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :

  • Examiner l'évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique
  • Se lever pour lutter contre l'iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l'Humanité et met à mal la Planète
  • S'engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives
  • Remettre le monde à l'endroit en donnant la parole aux exclus
  • Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.


Oui, pour nous le message libérateur de l'Evangile est nécessaire au monde :
                                il ne peut plus être porté par voie d'autorité.

C'est le temps pour tous, hommes et femmes, d'en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.

C'est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican Il pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d'actualisation du Message :
                                         Une Eglise Autre est possible !


C'est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d'humanisme :   
                                          Un autre monde est possible !


Le temps vient d'envisager l'avenir
avec la Force et la Jeunesse de l'Esprit,
Souffle d'Amour et de Vie,
qui recrée le monde.

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 8 Novembre 2010

R.E. Brown, exégète spécialiste du Quatrième  Evangile, aujourd’hui décédé conclut son ouvrage « La communauté du disciple bien-aimé » par un chapitre sur le rôle des femmes au sein de la communauté johannique. En écrivant ce chapitre son objectif est d’apporter sa contribution au débat sur le rôle des femmes dans l’Eglise. Il écrit « J’ai choisi le Quatrième Evangile à cause du net correctif que l’évangéliste apporte à quelques attitudes ecclésiastiques de son temps – une voix que nous devrions écouter et sur laquelle il faudrait réfléchir quand nous discutons de nouvelles fonctions pour les femmes dans l’Eglise d’aujourd’hui ».

 

Après avoir rappelé que le Quatrième Evangile ne renseigne pas beaucoup sur les offices ecclésiastiques, il note cependant qu’en Jn 12,2 il est dit que Marthe servait à table et fait un parallèle avec l’office de diakonos qui existait dans les Eglises post-pauliniennes.

 

Il montre ensuite en prenant  trois exemples  - la Samaritaine, Marie-Madeleine, Marthe et Marie dans l’épisode de la résurrection de Lazare – et en comparant certaines paroles et certaines actions  avec les Evangiles synoptiques que les femmes dans le Quatrième Evangile ont un rôle proche de celui des apôtres.

 

Dans le chapitre 4 qui relate la rencontre de Jésus  avec la Samaritaine   les villageois croient « à cause de la parole de la femme ». R. E. Brown souligne que cette expression est significative parce qu'elle se rencontre à nouveau dans la prière « sacerdotale » (Jn 17)  de Jésus pour ses disciples : « Ce n'est pas pour ceux-ci seulement que je prie, mais pour ceux-là aussi qui grâce à leur parole croient en moi ». En d'autres termes, l'évangéliste peut décrire à la fois une femme et les disciples (présumés être des hommes) à la dernière Cène, comme rendant témoignage à Jésus par la prédication et amenant ainsi les gens à croire en lui.

 

Avant de commencer l’étude du chapitre 20, R.E. Brown rappelle que dans l'esprit de Paul, les deux conditions essentielles à l'apostolat étaient d'avoir vu Jésus ressuscité et d'avoir été envoyé pour le proclamer et il souligne qu’une clé pour comprendre l'im­portance donnée à l'apostolat de Pierre nous est donnée par la tradition qui le reconnaît comme le premier à avoir vu Jésus ressuscité (1 Co 15,5; Lc 24,34). 

Ensuite il montre que plus qu'aucun autre évangéliste, Jean révise cette tradition concernant Pierre. En Jean 20,2-10, Simon Pierre et le disciple bien-aimé vont au tombeau vide, mais ne voient pas Jésus; en fait, seul le disciple bien-aimé perçoit le sens des linges laissés là et en vient à croire. Et c'est à une femme, Marie­-Madeleine, que Jésus apparaît d'abord, lui enjoignant d'aller annoncer à ses « frères » (les disciples, selon 20,17-18) qu'il monte vers le Père. Certes, ce n'est pas là une mission destinée au monde entier; mais Marie-Madeleine n'est pas loin de vérifier les conditions de base exigées selon Paul pour être apôtre; et c'est elle, et non Pierre, qui est la première à voir Jésus ressuscité. Le titre « d'apôtre des Apôtres » lui fut attribué.

 

La profession de foi de Marthe dans l’épisode de la résurrection de Lazare peut être comparée à celle de Pierre. L'épisode le plus célèbre où Pierre durant le ministère de Jésus affirme sa foi se déroule à Césarée ; il proclame « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Mt 16,16). Le parallèle le plus proche de cette confes­sion se trouve dans le quatrième évangile en Jean 11,27 : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu  », et cela sur les lèvres d'une femme, Marthe, soeur de Marie et de Lazare. Et cette confes­sion vient dans le contexte d'une plus grande révélation de Jésus à Marthe : c'est à une femme qu'est révélé le mystère de Jésus comme la Résurrection et la Vie! Si d'autres commu­nautés chrétiennes se représentaient ainsi Pierre comme celui qui, en une suprême confession, reconnut Jésus comme le Fils de Dieu, et auquel en premier lieu apparut Jésus ressuscité, la communauté johannique a associé de tels souvenirs à des héroïnes comme Marthe et Marie-Madeleine.

 

Pour R.E. Brown, Jean dépeint Simon Pierre comme l'un seulement des héros et héroïnes, suggérant ainsi que l'autorité ecclésiastique n'est pas le seul critère pour juger de l'importance relative de ceux qui suivent Jésus.  Il note ensuite que pour Jean la qualité de disciple est la catégorie principale, et qu'il comptait des femmes comme disciples de choix, quand il nous disait que Jésus aimait Marthe et Marie, et que Marie-Madeleine était l'une de « ses propres » brebis qu'il appelait par leur nom.

 

R.E. Brown conclut son livre ainsi :  « En recherchant le témoignage du quatrième évangile, on est encore surpris de voir dans quelle mesure hommes et femmes étaient déjà, dans la communauté johannique, sur un pied d'égalité dans le troupeau du Bon Pasteur. Elle semble avoir été une commu­nauté où, dans les affaires qui intéressaient réellement les disciples du Christ, il n'y avait aucune différence entre hommes et femmes - un rêve de Paul (Ga 3,28) qui n'était pas complètement réalisé dans ses communautés. Mais Jean lui-même nous a laissé une curieuse note d'incomplétude : les disciples, surpris de l'ouverture de Jésus avec une femme, n'osaient pas encore lui demander : « Qu'attends-tu d'une femme? » (Jn 4,27). Le temps ne serait-il pas venu dans l'Église du Christ de poser une telle question? »

 

 

 

A partir du livre : La communauté du disciple bien-aimé, R.E.Brown, Cerf, Paris 2002.

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 30 Octobre 2010

selestat

 

Notre journée s’est organisée autour du thème : « être majeur dans la foi ».

 

En guise d'introduction Jacqueline Kohler nous a proposé une intervention dont le titre était « Tutelle religieuse et liberté évangélique » et qui s’articulait autour des points suivants :  la souveraine liberté que donne la foi, l’assujettissement qui accompagne trop souvent la religion,  les flux et reflux des tentatives d’émancipation dans l’histoire. L'exposé s'est conclu sur la question:  comment vivre l’évangile entre gestion et prophétisme, avec et malgré les institutions ecclésiales. Pour la totalité de l’intervention c’est ici !

 

Puis Marie-Anne et Fernand Jehl ont présenté quelques critères définissant la majorité civile : être majeur c’est être capable de prendre des responsabilités, savoir analyser ses échecs, savoir travailler avec les autres et exprimer un désaccord sans crainte ni agressivité.

 

La journée s’est poursuivie par des ateliers avec les propositions suivantes : 

  • Quels sont les critères de la majorité dans la foi ? pour nous personnellement ? pour nos communautés ?
  • Comment se manifeste notre majorité dans la foi? dans l’éducation et la famille ?  dans nos insertions sociales et/ou le monde du travail ?  dans nos actions solidaires, dans nos engagements ? dans les structures ecclésiales ?

Et voilà quelques messages des différents ateliers 

   

Etre majeur dans la foi, c’est poser des actes en conscience, oser prendre la parole pour expliquer nos actions solidaires et interpeller les acteurs sociaux.

 

Nous sommes sur un chemin de maturité en devenant plus libres, plus solidaires, et plus conscients de nos fragilités.

 

La foi reçue dans les termes reçus est invendable. Nous sommes héritiers de quelque chose. Ce quelque chose est évolutif. L’expression de notre foi se module en fonction de la personne (récepteur) et ne se limite pas à la parole. Il y a le VIVRE.

 

Nous témoignons de notre foi non seulement par la parole mais aussi et surtout par l’exemple et l’action. Comment alors laissons-nous la possibilité à nos enfants de construire leur majorité dans la foi ? Une nécessité aujourd’hui : soyons forts et profonds dans nos convictions.

 

L’évangile doit nous porter à agir en êtres humains libres et responsables, par conséquent à refuser le contrôle de nos vies et de nos actes par des structures ecclésiales trop souvent déshumanisantes.

 

 

L’Eucharistie a été un moment fort de notre journée.

 

  • La première lecture a donné lieu à une lecture à trois voix d’Exode 17,8-13 dont la conclusion était :  Et si Hour était un peu chacun de nous. Dans nos communautés, nous connaissons de ces hommes et de ces femmes sans charismes particuliers ils sont là, discrets, solides, efficaces… sans eux l’Eglise ne tiendrait pas, sans eux les communautés chrétiennes manqueraient de forces, sans eux les prêtres ne pourraient plus accomplir leur ministère, sans eux les bras leur en seraient définitivement tombés… Mais peut-être faut-il plutôt dire « sans elles » ?  
  • Autour de l’Evangile, chacun a pu exprimer comment cette Parole résonnait en lui ou en elle.
  • La prière Eucharistique nous a réunis dans un même élan d’action de grâce.

 

roubaix selestat divers 132

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Rédigé par jonasalsace

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