Publié le 13 Février 2018

Quand j’étais enfant, pas question de manquer la messe du dimanche ! Il fallait vraiment être très malade pour y échapper. Mais au fond j’aimais bien ça : on retrouvait des ami(e)s, on chantait avec conviction, on avait aussi des fous-rires mémorables… bref, je reconnais que je n’avais pas un très grand sens du sacré, mais j’aimais « être avec », y compris pour prier.

Plusieurs décennies plus tard,  je me rends compte que je n’ai pas vraiment changé, même si j’ai depuis bien longtemps oublié l’obligation dominicale. Prier, élever mon âme vers Dieu sont inséparables pour moi de la rencontre concrète avec des hommes et des femmes, connus ou à connaitre. Et ces « messes » qui me donnent espérance et force ne sont pas toutes très catholiques, de loin pas !

Trois exemples parmi bien d’autres :

A la Pentecôte 2015, alors que j’étais la présidente des Réseaux du Parvis, j’ai été invitée par l’association David et Jonathan au forum européen des chrétiens LGBT à Merville, dans le Nord. Mon mari et moi avons vécu là un temps de célébration empreint de ferveur et d’espérance, en communion avec des personnes trop souvent en souffrance parce que marginalisées, méprisées voire pourchassées. Et nous ne nous sommes pas demandé un seul instant si les célébrants étaient catholiques, protestants ou autres, nous étions tous frères et sœurs en Christ. Cette expérience est ravivée et même élargie chaque fois que nous participons à un culte inclusif à l’église St Guillaume de Strasbourg, où nous prions ensemble, chrétiens, juifs et musulmans. Ce n’est pas « la messe » ? Non, mais c’est tout autant (et même plus ?) un peuple de frères qui se rassemble.

Juillet 2016, Jérusalem. Nous sortons du St Sépulcre où nous venons à nouveau de nous attrister sur les trop visibles rivalités des différentes confessions chrétiennes présentes en ce lieu. C’est une fin d’après-midi, et le muezzin de la mosquée voisine commence sa psalmodie. Moment de grâce : une jeune voix qui porte la prière dans la douceur du soir. Nous nous asseyons sur un muret et nous nous sentons en communion avec toutes les prières qui montent de Jérusalem dans les synagogues, les églises et les mosquées. Ces prières, nous les porterons encore en nous lors de la messe célébrée avec la petite communauté assomptionniste, dans le jardin de St Pierre en Gallicante, face à cette Jérusalem terrestre qui aurait tant besoin de la paix de Dieu.

Une messe comme tant d’autres, lors d’un voyage paroissial il y a déjà plus de 10 ans. Une amie musulmane participe au voyage, donc à la célébration. Elle s’avance, avec ferveur, amitié et respect, pour recevoir la communion, que le prêtre lui donne avec autant de ferveur, d’amitié et de respect.

Alors ?

Alors, je suis consternée de constater que nous osons si peu, simplement entre chrétiens, prier et célébrer ensemble, y compris en partageant le repas eucharistique ! Nous nous croisons tous les jours dans la rue, dans nos lieux de travail et/ou d’engagement, nous militons ensemble pour plus de fraternité et de solidarité et nous n’osons pas partager le pain de vie ? Nous nous abreuvons à la même source mais nous nous sentons encore obligés de boire chacun dans son gobelet, estampillé catholique ou protestant !

Mais allons-y, invitons-nous, au nom de notre baptême commun, à venir  à la table les uns des autres ! Et disons-le, sereinement et joyeusement, comme je le dis aujourd’hui. Je partage le pain et le vin avec des frères et sœurs protestants quand je vais au culte et à la Ste Cène, avec des frères et sœurs catholiques quand je vais à la messe, de la même façon et sans me soucier de transsubstantiation. Et je partage ma vie, mon humanité et mon espérance quand je prie avec des juifs ou des musulmans, sans me soucier du nom que chacun donne à Dieu. Et ça vaut bien une messe !

Marie-Anne Jehl

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Rédigé par jonasalsace

Publié dans #Feuilleton

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Publié le 3 Février 2018

La Fédération des Réseaux du Parvis tient à assurer l’équipe nationale du MRJC de son amitié et de son soutien. Les réactions de certains membres de l’Eglise Catholique française, en particulier de Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, à la récente prise de position du MRJC à propos de la Marche pour la Vie, montrent de manière tristement éclatante la crispation de l’institution catholique.
Le MRJC est un mouvement chrétien ouvert à tous les jeunes du monde rural, à l’écoute de leurs préoccupations et de leurs projets. Ses responsables sont jeunes, donc proches de réalités que les responsables d’Eglise ne voient pas ou ne veulent pas voir. Déclarer que le MRJC n’est plus un mouvement catholique parce qu’il met en question la doctrine officielle, est ce vraiment la manière évangélique d’aborder une question dont nul ne sousestime l’importance ? Personne ne demande à Mgr  Ginoux d’être d’accord avec le MRJC, mais les pasteurs de l’Eglise catholique ne devraient-ils pas écouter ces jeunes et dialoguer avec eux dans le respect et l’ouverture d’esprit, plutôt que de les exclure ? L’Eglise catholique a-t -elle oublié à ce point que «catholique» veut dire« universel » ? Ou alors conçoit-elle l’universalité comme une unanimité et une uniformité qui ne concerneront plus grand monde d’ici quelques années ?

 

Pour le bureau de la Fédération des Réseaux du Parvis , le président,
Georges Heichelbech
georges.heichelbech@wanadoo.fr

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Vous trouverez la réponse du CEF ici!

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Un débat sur le thème "Dans l'Eglise peut on débattre de tout?" sur le blog "Etat d'âme"
 

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Publié le 28 Janvier 2018

De jeunes chrétiens du Mouvement rural de la Jeunesse chrétienne (MRJC) se sont désolidarisés de la "marche pour vie" dont des partisans se réclament d'idéologies peu respectueuses des femmes, des homosexuels ou des musulmans. Ces jeunes, pourraient-ils encore se dire chrétiens s'ils partageaient ces sentiments de haine ?

 

Un évêque déclare qu'une femme qui recourt à l'interruption volontaire de grossesse tue un enfant. Ces jeunes, pourraient-ils encore se dire chrétiens s'ils adhéraient à ce jugement ?

 

"Voyez comme ils s'aiment" disait-on des premiers chrétiens. Pourquoi ne pourrions-nous pas le redire de nos jours, plutôt que de subir le besoin permanent de culpabilisation de certains responsables d'Eglise  ? Ne se rappellent-ils pas des paroles de Jésus lorsque des scribes et des pharisiens voulaient lapider une femme : " Que celui d'entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle... Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés (Jean 8, 7,9).

 

Jean-Paul Blatz

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 23 Janvier 2018

Il y a des écoles pour apprendre à parler, à convaincre… Et si l’on apprenait à faire silence, à écouter, pour qu’une parole puisse surgir en l’autre et en nous-mêmes… et que nous l’entendions ?

Il y a quelques semaines, l’association strasbourgeoise  « SOS, Aide aux Habitants » où je fais de la médiation pénale ou de proximité depuis une vingtaine d’années avait organisé un stage de formation. L’animatrice de cette session était Jacqueline Morineau. Cette érudite aux multiples casquettes enseigne et pratique depuis 33 ans la « médiation humaniste ». Pour elle, tout conflit matériel cache une dimension profonde qu’il faut s’attacher à débusquer et à laisser s’exprimer. A la fin d’une médiation conflictuelle aboutie, ce n’est pas essentiellement le problème qui est réglé mais ce sont les personnes qui ont découvert les vraies demandes – la leur, celle de l’autre – et qui ont changé.

Ce que Jacqueline Morineau dit de la médiation humaniste ne peut-il pas s’appliquer à toutes nos rencontres : rencontres amicales, rencontres conflictuelles, rencontre de celui qui pour nous est étranger ? Pour cela, il est essentiel que dans nos rencontres, notre but premier, et tout au long de la rencontre, ne soit pas de placer ce que nous avons à dire mais d’écouter l’autre, d’être miroir. La formule : « je sens que… » concernant l’autre doit être suivie d’un long silence. Ce silence qui pendant nos jeux de rôles nous semblait si long ! Que de fois, lorsque celui qui avait le rôle de médiateur voulait intervenir, Jacqueline lui faisait signe, discrètement, « ne dit rien » … Oh silence, long silence qui laisse le temps à l’autre de descendre dans son labyrinthe pour y trouver peut-être une lumière, une issue… parfois jaillissent des larmes… silence qui nous permet à nous-mêmes de rejoindre notre intériorité…

Je pense ici à cette scène rapporté dans l’Evangile de Jean : Jésus sort du tribunal où il vient d’être condamné, il regarde Pierre qui par trois fois vient de le renier. Il ne dit rien… Pierre le renégat se met à pleurer ; il peut maintenant devenir lui-même : celui que Jésus appelait Pierre-roc !

Heureux, je crois, ceux qui dans les rencontres savent offrir à l’autre leur silence, un silence plein de respect, d’empathie, de sympathie… Ils sauvent l’humain en l’homme.

 

Jean-Marie Bedez

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Publié le 21 Janvier 2018

Le groupe Jonas de Strasbourg, lors de sa réunion du 21 novembre dernier, a décidé de proposer sur ce site un « feuilleton Jonas ».

Au fil des semaines, l’un ou l’autre de ses membres écrira un épisode de cette série : des évènements, des réflexions, des lectures, des rencontres, etc. Chaque épisode sera relié à l’un des quatre mots, quatre valeurs fortes et fondamentales pour notre vie de chrétiens aujourd’hui : proximité, témoignage, dialogue, solidarité.

Evidemment, il sera possible à chacune et chacun de réagir à ces textes en laissant un commentaire.

Nous espérons ainsi mieux faire connaitre le vécu des nombreux chrétiens qui dessinent des visages d’Eglise autres que celui que nous renvoient trop souvent les institutions catholiques et les instances du Vatican.

Membres de la Fédération des Réseaux du Parvis, nous sommes convaincus que l’appel du Pape François à aller aux « périphéries » est un défi majeur pour que l’Evangile soit vécu au cœur du monde d’aujourd’hui. Alors, venez et voyez !

Les articles en liens avec ce thème seront signalés par  :

 

 

 

 

A bientôt.

 

 

 

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