Publié le 27 Décembre 2017

En ce mois décembre 2017 à Romans, on préparait la fête de Noël. Pas tout le monde. La famille A., d'origine arménienne vivait dans l'insécurité. Les parents et leurs deux filles risquaient l'expulsion, leur titre de séjour leur ayant été retiré. Il y a dix ans, le jeune couple s'était senti en danger dans son pays et était venu s'installer dans la Drôme.

 

Cette situation parvint à l'oreille de l'employeur du papa. Celui-ci s'évertua immédiatement à faire annuler la décision administrative. Celle famille, déclara-t-il a manifesté sa volonté de s'intégrer ; ses enfants sont nés en France et le père occupe un poste avec des compétences qu'on ne trouve pas ailleurs ; leur présence est "un enrichissement pour notre pays". L'employeur remua ciel et terre : lancement d'une pétition de soutien, contact avec les organisation syndicales enseignantes et le monde associatif...

 

Résultat : la veille de Noël, la famille apprit que sa situation sera régularisée en janvier 2018. Déclaration de l'employeur : Je suis content pour eux. Ils vont pouvoir passer un Noël en famille sereinement et pouvoir vivre tranquillement à partir de janvier 2018. Un bel élan de solidarité qui a payé. Conclusion : la ferme volonté citoyenne peut aider nos dirigeants, locaux et nationaux, à être fidèles à la devise et la constitution de notre pays.

 

Ceci n'est pas un conte de Noël. Mais une bonne nouvelle, attendue et espérée. Pour les chrétiens, n'est-ce pas aussi un nouveau Noël, comme à chaque fois que l'Amour fait irruption dans les relations humaines ? Quand des femmes et des hommes portent attention à l'autre ne sont-ils pas les témoins de la tendresse de l'Emmanuel (Dieu avec nous) dans la superficialité mercantile qui nous environne particulièrement à la fin de chaque année ?

 

Jean-Paul Blatz

 

Source

Franceinfo, 24 décembre 2017 - Mélissa Fornade

 

25 décembre 2017

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Publié le 22 Décembre 2017

Les empereurs d'Autriche-Hongrie et leurs descendants sont enterrés dans la crypte du couvent des capucins de Vienne. Le dernier en date a été Otto de Habsbourg en 2011. Le cercueil fut déposé devant les portes fermées de l'église. Un héraut frappa trois coups contre la porte. De l'intérieur un religieux posa la question :  Qui demande à entrer ?  Le héraut répondit : Otto de Habsbourg, prince héritier et énuméra ses nombreux titres aujourd'hui honorifiques. Le religieux poursuivit : Nous ne le connaissons pas. On cogna une seconde fois contre la porte. A la même question fut répondu : Otto de Habsbourg, parlementaire européen. Réponse venue de l'intérieur : Nous ne le connaissons pas. On présenta une troisième fois le quémandeur : Otto, un homme mortel et pécheur. Réponse des capucins : Qu'il entre. De la même manière l'Eglise vient d'ouvrir les portes de ses lieux de prière à Jean d'Ormesson et Johnny Halliday. Elle n'a pas accueilli l'homme politique, l'écrivain ou le chanteur, mais des hommes qui, à travers doutes, bonheurs ou malheurs ont cherché  à aimer et à être aimés.

Lorsque à Saint-Féliu-d'Avall (Pyrénées-Atlantiques), des familles ont appris la mort de plusieurs enfants dans l'accident d'un car scolaire, spontanément la porte de l'église du village s'est également ouverte pour accueillir ceux qui le souhaitaient. Au nom de l'Église toute entière, le pape s'est associé aux familles en deuil en invoquant Dieu, Père de miséricorde, afin qu'il accueille dans la paix de sa lumière ces jeunes qui ont perdu la vie  et qu'il apporte réconfort et espérance aux blessés et à leurs familles. L'évêque de Perpignan, Mgr Norbert Turini a aussi manifesté son soutien aux familles : Dans ce moment de douleur intense, où nos cœurs sont touchés, nous ne voulons pas oublier à quelques jours de Noël que le Christ vient partager notre humanité jusque dans ses plus grandes souffrances.

De telles prières prononcées le jour des obsèques n'apaisent pas durablement la douleur de ceux qui restent, mais elles sont accueillies avec reconnaissance par les familles qui ne manquent pas de remercier le célébrant pour "ses paroles réconfortantes". La nouvelle pastorale des funérailles n'impose plus une messe à des personnes qui n'y sont pas habituées. Les célébrants, prêtres ou laïcs, ont toute latitude de parler de paix, d'amour, d'espérance à travers des paroles autrefois prononcées par Jésus mais aussi à partir de textes et de chants qui ont fait le bonheur du défunt.

 

Jean-Paul Blatz

 

18 décembre 2017

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Publié le 19 Décembre 2017

 

Il y a encore quelques années, à l'ombre du sapin de Noël de la place Kléber à Strasbourg brûlait une flamme allumée à la grotte de la Nativité à Bethléem. Aujourd'hui cette flamme continue à être portée dans le monde entier. Le 16 décembre dernier, elle était arrivée à Vienne (Autriche) par avion. Puis les scouts, guides, éclaireurs, et éclaireuses de France et d'une vingtaine d'autres pays européens ont pris le relais. A Strasbourg, elle est arrivée au matin du dimanche 17 décembre en l'église du Christ Ressuscité, dans le quartier de l'Esplanade. De là, elle a gagné toute l'Alsace,  accompagnée par les jeunes et les moins jeunes...

Cette lumière, fragile et vacillante au moindre coup de vent, nous ramène à la source de cette joie que nous cherchons à partager dans nos rencontres familiales, les marchés de Noël, les concerts spirituels ou les célébrations religieuses.

 Mais c'est avec un cœur gros que nous recevons cette lumière. Ne vient-elle pas d'urne région  meurtrie par d'incessantes guerres, d'une Palestine colonisée et opprimée ? Malgré invasions culturelles et déferlements militaires, depuis 2000 ans, les Eglises palestiniennes sont restées fidèles au message de justice et de paix de Jésus, le Christ.

Avec leurs frères musulmans, les chrétiens palestiniens nous demandent de partager leur prière, de nous informer sur la situation politique qui est la leur, de soutenir les associations qui, à travers le monde, défendent leurs droits. L'Eglise universelle nous invite aussi à être généreux lors de la quête de la messe de minuit qui est destinée aux chrétiens arabes de Terre sainte.

 Que la paix de Noël nous habite, ici et là-bas.

 

Jean-Paul Blatz

 

17 décembre 2017

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Publié le 17 Décembre 2017

En 1 heure et 48 minutes le TGV a relié Strasbourg à Paris. C'est peu de temps, mais assez pour un examen de conscience. Devant moi étaient assises deux jeunes filles. Elles parlaient assez fort pour que je comprenne ce qu'elles disaient sans être indiscret. A un moment, l'une dit à l'autre : "J'ai enguelé mes grands-parents. Je leur ai dit : Vous qui étiez réfugiés en Bretagne pendant la guerre, comment pouvez parlez aussi mal des réfugiés d'aujourd'hui ? " Ces paroles ne m'étaient pas directement destinées, mais elles m'ont toutefois interpellé sur mon propre comportement.

L'Esprit souffle où il veut, même à 300 kilomètres à l'heure. Il est autant à l'aise dans la haute technologie du XXIème siècle que le jour de la Pentecôte à Jérusalem. Il ne faut pas s'en étonner. Dès le Premier Testament, Dieu n'avait-il pas dit aux prophètes des temps anciens : " Je mettrai mes paroles dans votre bouche ? " (Deutéronome, 18, 18).

Soyons donc attentifs à la parole de Dieu qui vient jusqu'à nos oreilles. Les prophètes sont peut-être dans nos églises. Ils sont sûrement aussi au coin d'une rue, sur les chemins qui nous sont familiers...

 Ce message de jeunes de notre pays et un heureux présage pour le futur d'une société plus fraternelle et plus amicale. Peut-être est-il aussi un peu le fruit de la formation à la citoyenneté consciencieusement et passionnément proposée par les enseignants et les éducateurs lorsqu'ils transmettent les valeurs de la République ?

 Aloyse Meyer

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Publié le 4 Décembre 2017

Lorsque la nuit tombe sur les villes et les villages d'Alsace, mille lumières s'allument et illuminent les yeux de tous ceux qui, dans la froidure qui nous submerge, cherchent un peu de chaleur dans nos marchés de Noël. Cette année une étoile plus brillante que toutes nos lumières s'est arrêtée sur le petit village de Thal-Marmoutier (Bas-Rhin) comme jadis une autre étoile - ou la même - s'était posée sur un village de Palestine, appelé Bethlehem.

 

En ce premier dimanche de l'Avent de l'an 2017, la presse régionale nous a informés que l'hôtellerie du couvent des Petites sœurs franciscaines, établi dans ce village depuis 1826, accueillera avant la fin de l'année, 53 réfugiés politiques. Il s'agira de familles originaires de pays d'Afrique subsaharienne hébergés le temps de régulariser leur situation. Ces personnes, en danger de mort, fuient les guerres et les persécutions perpétrées dans leur pays (1). Ici, elles accéderont aux soins et à la santé et seront aidées pour l'obtention du droit d'asile. Lorsque leur situation sera régularisée, elles s'intégreront ailleurs dans notre société  et de nouveaux réfugiés leur succéderont.

 

Par leur engagement, les franciscaines de Thal restent fidèles aux exigences fondamentales du monachisme, l'accueil inconditionnel de toute personne en détresse et à la règle de leur congrégation qui leur demande de se mettre au service des personnes en difficulté. Elles sont peut-être chargées d'années mais continuent à vivre la joyeuse confiance et l'heureuse insouciance des disciples de Jésus qui permettent de vaincre toutes les réticences et toutes les peurs.

 

Qu'à l'approche de Noël, une étoile brille aussi sur le chemin de chacun d'entre nous. Que sa chaleureuse  lumière nous aide à ouvrir notre cœur et notre porte.

 

Jean-Paul Blatz

 

(1) Dernières Nouvelles d'Alsace, 2  décembre 2017

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