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Publié le 7 Février 2015

 

Il faut répondre au questionnaire proposé par notre diocèse dans le cadre du synode sur la famille. Il faut faire entendre nos voix.

 

Mais en préalable on peut tout de même s’étonner du choix et de la répartition des 5 questions posées. Regardons de près les chiffres entre parenthèses, qui renvoient aux paragraphes du rapport du synode d’octobre 2014. Que constatons-nous ? Les 4 premières questions renvoient au total à 10 paragraphes, la question 3 ne se référant en particulier qu’à un seul item de 10 lignes, alors que la seule dernière question renvoie à 15 paragraphes, soit 3 pages. Et précisément, sur quoi porte cette dernière question ? Sur les « situations particulières », toutes mises dans le même sac, même si elles sont ensuite détaillées.

 

Or qu’est-ce qui nous interpelle, de quoi discutons-nous, entre chrétiens ou avec nos amis d’autres confessions ou convictions ? Sûrement pas l’urgence de « témoigner de la joie du mariage et de la vie de famille », pas plus que des aménagements à apporter à la préparation au sacrement du mariage. Nous avons le souci des « situations particulières » évoquées dans la question 5 : l’accueil des divorcés, remariés en particulier, la reconnaissance des couples homosexuels et de leurs familles. Les médias d’ailleurs ne s’y trompent pas : ils savent, comme nous, que c’est sur ces points cruciaux que se jouera la crédibilité d’un discours et d’une pratique d’Eglise ouverts au monde d’aujourd’hui.

 

Le message de l’Evangile ne nous pousse pas à réfléchir à l’aménagement de nos pratiques pastorales, ce qui est peu ou prou le sujet des 4 premières questions, mais à accueillir les réalités d’aujourd’hui pour revoir entièrement le sens de nos paroles et de nos actes collectifs en Eglise.

 

La Coordination JONAS Alsace

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Publié le 20 Décembre 2014

 

parvis66

 

 

 

 

 

Une terre vivable pour demain

 

 

 

 

 

 

Editorial

 

L'homme ne choisit pas l'environnement dans lequel il naît et qui lui est plus ou moins favorable naturellement, parfois hostile. Les espèces animales se soumettent et s'adaptent à leur milieu de vie ou disparaissent : c’est la loi de la nature. Les hommes aussi se sont adaptés aux contraintes et aux atouts naturels, mais ils se sont également appliqués à exploiter puis à transformer la nature à leur avantage et à leur profit. 

 

Si l'histoire de l'humanité est une suite de révolutions agricoles, énergétiques, industrielles, scientifiques, qui ont incontestablement apporté des progrès, elle est aussi marquée par des catastrophes et des guerres destructrices. Aujourd'hui, l'homme a la capacité d'améliorer les conditions de vie de l'humanité entière. Mais il a également le pouvoir de détruire l'espèce humaine, d'épuiser durablement sources d'énergie et matières premières et de rendre la terre invivable pour ses descendants. En fait c'est un groupe restreint d'hommes qui tient entre ses mains l'avenir du monde en contrôlant les flux financiers, en dirigeant l'économie et en soumettant le pouvoir politique. Par l'intermédiaire d'un système productif et d'un mercantilisme à l'échelle planétaire, ceux-ci décident des formes de développement et d'exploitation des richesses au profit d'une partie seulement des êtres humains.

 

Il a fallu attendre la fin du 20ème siècle avec l'impressionnante croissance démographique du tiers-monde, qui revendique à son tour l'accès aux modes de production et de consommation occidentales, la crise du pétrole et la multiplication des pollutions pour que les cris d'alarme d'associations citoyennes commencent à être entendus. Avec les menaces sur la biosphère, l'urgence apparaît désormais clairement aux dirigeants politiques et aux organismes internationaux, beaucoup plus cependant que les solutions qu'ils proposent pour remédier aux déséquilibres.

 

Et nous, quelle terre voulons-nous ? Une terre où plus personne ne souffre de la faim, où la coopération se substitue à la compétition, où les droits humains et la dignité de chacun soient respectés, où la justice sociale et un partage équitable des richesses et des ressources soient garantis, où la vie démocratique et la participation citoyenne soient effectives, où le vivre ensemble  et la fraternité soient rendus possibles par le dialogue et le respect de la différence, où les équilibres écologiques soient préservés et les ressources naturelles gérées durablement et avec sobriété. 

La réalisation d’un tel monde exige un développement économique et humain simultané. Les sociétés civiles font émerger des alternatives qui se concrétisent en termes à la fois d’initiatives de développement économique, social et culturel, et de propositions politiques. Participer à la formulation et à l’approfondissement de ces alternatives, à leur convergence en une vision cohérente et prospective, n'est-ce pas un défi à relever pour tout homme soucieux de rendre la terre vivable pour demain ? Et pour les chrétiens n'est-ce pas aussi révéler l'amour de Dieu présent en chaque personne ?

Jean-Paul Blatz

 

Sommaire du dossier

 

Une terre vivable pour demain

 

 

De la crise énergétique à la protection de la nature. - Entretien avec Marc Stenger

La crise énergétique débouche sur une crise écologique et est à l'origine de violences dans le monde. Il est urgent d'envisager une croissance raisonnable et un développement économique, social et humain soutenable. Ces impératifs s'imposent à toute l'humanité. Mais pour l'évêque de Troyes, dans ces engagements, une responsabilité particulière n'incombe-t-elle pas aux chrétiens qui ont conscience qu'en sauvegardant la nature, ils protègent aussi la création dont la gestion a été confiée aux hommes ?

 

La transition écologique, une chance pour l'économie et la justice ? - Jean-Bernard Jolly

L'actualité enregistre chaque jour les reculades des gouvernements face aux profits à court terme qui seuls motivent les décideurs économiques. Faut-il s'accommoder de ce que les dirigeants du néolibéralisme décident entre eux ? L'avenir ne passe-t-il par des initiatives locales autour d'intérêts communs ? Pour que ces actions soient efficaces, un autre fonctionnement de la société n'est-il pas nécessaire ?

 

Au soleil et en plein vent ! - Jean-Pierre Schmitz

Evoquant la transition énergétique, qui ne rêve de substituer des énergies renouvelables aux énergies fossiles ? Un changement qui paraît simple sur les principes mais qui implique des conditions ; un débat démocratique pour décider des solutions, une réduction drastique de la consommation d'énergie et une réalisation technique fiable dans le respect de l'environnement.

 

Penser global, agir local. Les éco-quartiers - Jean-Paul Blatz

Les espaces urbains sont énergivores et émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Une solution : les éco-quartiers qui réduisent l'empreinte écologique et intègrent les critères du développement durable tont en créent des lieux de vie attractifs pour les habitants.

 

La sobriété, responsabilité de chacun - Nicole Palfroy

Comment concilier la nécessité de mettre un frein à la surconsommation et le besoin de donner du travail à tous ? Pour changer le monde, l'être humain doit d'abord changer lui-même. A la croissance en vue d'un profit sans limite, il est nécessaire de substituer une économie qui ne dégradera pas la nature et veillera à répartir les richesses entre tous.

 

L'éducation à l'environnement et au développement durable pour un changement collectif de comportements.- Jean-Paul Blatz

Les tâches de l'école sont multiples : enseigner l'écologie comme discipline, amener les élèves à réfléchir par eux-mêmes aux conséquences durables de leurs actions, former des écocitoyens responsables et des consommateurs sensibilisés au commerce équitable.

 

Les droits de la Terre-Mère

En 2010, une conférence des peuples sur le climat réunie à Cochabamba, en Bolivie, déclara qu'il était nécessaire de reconnaître et d'appliquer véritablement les droits de la Terre-Mère afin de garantir les droits de l'homme et de rétablir l'harmonie avec la nature.

 

Le christianisme au défi de l'écologie. - Anthony Favier

Est-il possible de sortir de la crie économique uniquement par des réformes politico-économiques, des chartes éthiques, des avancées technologiques et des éco-gestes au quotidien ? Ne faudrait-il pas compléter ces actions par une éco-spiritualité que le christianisme pourrait inspirer ?

 

Une lecture chrétienne de la cris écologique

En 2012, les évêques de France se sont exprimés sur les Enjeux et délits écologiques pour l'avenir. Ils nous invitent à des nouvelles relations humaines comme une des solution à la crise. L'autre doit devenir promesse d'un projet commun porteur de plus de vie pour chacun.

 

L'Eglise et la question écologique. - Georges Heichelbech

La crise écologique nous révèle un monde qui nous est devenu étranger alors qu'il demeure le lieu de la rencontre avec ce Dieu du ciel et de la terre. L'inquiétude écologique doit stimuler plus encore l'espérance chrétienne. Elle doit susciter lucidité politique et théologique à la lumière du Ressuscité.

 

Pourquoi tant de réticences à l'écologie ? - Georges Heichelbech

La responsabilité sociale des entrepreneurs, les critères des investisseurs et les décisions politiques devraient tenir compte du bien commun à long terme. Pourquoi est-ce si peu le cas ? Certains affirment que des attitudes écologiques reviennent trop chères. L'inaction ne coûtera-il pas plus chère dans peu de temps ?

 

Jean-Paul Blatz

 

Les Réseaux des Parvis

 

La revue de la Fédération des Réseaux du Parvis

Numéro 66 - Janvier - février 2015

Dossier : Une terre vivable pour demain

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Publié le 24 Septembre 2014

 La revue de la Fédération des Réseaux du Parvis

(Numéro 64 - Septembre- Octobre 201)

 

 

La non-violence, espoir de paix pour le monde ?

 

 

Editorial

 

 

La nature a ses lois. Elles permettent aux espèces vivantes de se perpétrer et de s'adapter aux conditions de vie. Aux naissances succèdent les morts. Et les morts deviennent sources de survie pour les vivants. Apparaît une espèce douée d'une intelligence supérieure et de parole qui a la capacité non seulement de dominer la nature et les autres espèces, mais aussi de soumettre son semblable à son pouvoir, même contre sa volonté, en usant d'intimidation et de force.

 

L'histoire des hommes est une suite d'actes violents. Ces comportements de domination ou d'asservissement usent de la force physique autant que verbale ou psychologique, surtout contre ceux qui sont considérés comme faibles. Lorsque le pouvoir est exercé par un régime autoritaire, l'utilisation de la violence peut devenir terrorisme d'Etat, stigmatisation d'une population et génocide. Les démocraties ne sont pas exemptes de violences quand les injustices économiques et sociales frappent les plus fragiles. La cyber-violence devient un réel danger lorsqu'elle prêche la haine et la discrimination et amplifie les peurs humaines.

 

Si l'homme est capable d'actes violents, il a aussi la capacité de se maîtriser ou de sublimer son agressivité. L'intérêt qu'il porte à la violence, à ses causes et à ses conséquences devient objet d'une pensée philosophique et source de courants spirituels et religieux. Dans l'hindouisme ou le bouddhisme. Dans le monothéisme proche-oriental aussi qui passe d'une divinité vengeresse au Dieu de Jésus-Christ juste, fraternel et aimant. Le passage de la théorie philosophique ou théologique à la praxis quotidienne est un perpétuel recommencement avec chaque génération. Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale, en Europe et dans les colonies, on commençait à penser que le monde ne pouvait changer que par la non-violence. Une philosophie qui délégitimise la violence, qui promeut une attitude de respect de l'autre dans le conflit et une stratégie d'action politique pour combattre les injustices.

 

Pour quelle efficience ? Pour nombre de nos contemporains, la non-violence évoque des personnes : Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Des actions réussies également, en Inde, aux-Etats-Unis, en Afrique du Sud... Pendant ce temps les guerres continuaient dans le monde, entre pays et entre habitants d'un même pays jetant sur les routes d'innombrables réfugiés. Des dictateurs continuaient à torture et à tuer. La pauvreté s'étendait au rythme des nouveaux bidonvilles.

 

La non violence est-elle un chemin vers la paix ? A condition qu'elle s'inscrire dans la durée. Qu'elle s'incarne dans une éducation à la solidarité et à la fraternité, dans la lutte contre les inégalités de l'ultralibéralisme, dans le combat contre les nationalismes et les racismes, dans l'écoute de l'autre. A condition que j'accepte d'être remis en question par l'autre. Que j'accepte de recevoir quelque chose de lui. La vocation de la non-violence ne serait-elle pas seulement de changer les relations humaines mais aussi de libérer l'homme des entraves qui l'empêchent de découvrir sa nature profonde et, pour certains, l'occasion de découvrir aussi une image divine en devenir ?

 

Jean-Paul Blatz

 

 

 

   Sommaire du dossier

 

 

 

L'entrée en non-violence inaugure l'humanité. - Bernard Quelquejeu

Chacun d'entre nous fait l'expérience de la violence, de la violence subie ou de sa propre violence. Une violence que nous cherchons à récuser et à délégitimer par des actes et des attitudes morales. Ce comportement qui considère que la violence est première et la non-violence réactive, ne conforte-t-il pas le pessimisme et n'empêche-t-il pas l'espérance ? Pour Bernard Quelquejeu ce mouvement d'indignation révèle l'avènement d'une conscience qui dépasse l'individu et lui fait comprendre que tous les hommes ont en commun l'aspiration à la fraternité et le respect de leur dignité. La non-violence est alors conscience d'être un homme, d'être homme. Elle tire l'individu hors de la solitude et le fait accéder à cette terre commune où l'existence devient humaine.

 

Pourquoi la non-violence est-elle la seule voie possible. Comment s'y engager. - Entretien avec Jean-Marie Muller

La non-violence est le seul espoir de paix pour le monde. Non seulement la violence fait preuve de son inefficacité, mais elle est aussi perversion de la relation avec l'autre. Comment réagir ? Jean-Marie Muller nous invite à faire de la médiation la méthode privilégiée dans la résolution des conflits et à créer des espaces de dialogue afin que les parties en conflit trouvent elles-mêmes des solutions. Des moyens à la disposition de chaque personne, dans toutes les circonstances

 

Chemins de paix en Palestine et en Israël.- Lucette Bottinelli

Une nouvelle fois l'actualité nous rappelle l'impasse militaire et le blocage diplomatique au Proche-Orient et nous convainc que seule la justice peut établir durablement la paix. Par un travail de longue haleine, un combat non-violent mené déjà de longue date, des associations cherchent à sensibiliser les populations, particulièrement les éducateurs et les militaires, sur les violences contre les civils et le sort réservé aux Palestiniens.

 

La justice réparatrice, une pratique alternative pour une société moins violente ? - Anthony Favier

Comment faire face à la demande de nos contemporains de mieux écouter les victimes sans que cela attise le sentiment de vengeance qui nourrit immanquablement la violence ? Une possibilité : faire prendre conscience à un délinquant des répercussions de ses actes afin qu'il s'engage à les réparer dans la mesure du possible.

 

La communication non-violente. - Jean-Bernard Jolly

Si la communication est confrontation de jugements, la spirale de la violence est inévitable. Dans une démarche psychosociologique, l'auteur nous invite à réfléchir sur ce qui peut être fait pour améliorer le bien-être des personnes, condition nécessaire à une harmonie dans le rapport à soi et aux autres. La diffusion de cette pratique peut aboutir à une transformation des rapport sociaux.

 

L'éducation à la non-violence dans les écoles.- Georges Heichelbech

Dans la tradition républicaine française, le rôle de l'école est non seulement d'instruire mais aussi d'éduquer. En l'occurrence de développer différents types d'aptitudes, aussi bien l'estime de soi et le respect de l'autre que la solidarité et l'acceptation de la différence. Autant de qualités indispensables à instaurer une culture de paix et de tolérance.

 

De la violence originelle au pouvoir de pardonner-. Jean-Bernard Jolly

Que dit la Bible de la non-violence ? L'auteur nous introduit dans la réflexion de théologiens qui nous rappellent que la tradition des prophètes et de Jésus prend parti pour les victimes de l'injustice de la violence. Et que face au mal, l'inattendu, c'est le pouvoir de pardonner, et ce pouvoir réside en l'homme.

 

Et l'islam ? - Michel Roussel

L'islam est-il violent ? Caricatures et stéréotypes vont bon train. Les Occidentaux stigmatisent pêle-mêle les Frères musulmans, les djihadistes, les islamistes et les fondamentalistes. Cet article nous éclaire utilement sur le sens de mots issus du Coran et et qui sont couramment utilisés par les médias.

 

La non-violence a ses limites. - Georges Heichelbech

La non-violence absolue est une utopie. Elle n'existe en aucun lieu. La violence existe partout. Mais jamais elle n'atteint la fin qui prétend la justifier. L'efficacité de l'action non-violente est toujours conditionnelle et limitée. Mais le caractère relatif de son efficacité ne permet pas de relativiser l'exigence spirituelle de non-violence qui fonde et structure l'humanité de l'homme.

 

Jean-Paul Blatz

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Publié le 19 Juillet 2014

Lettre ouverte des groupes Jonas d’Alsace aux autorités diocésaines de Strasbourg :

Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg,

Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire

Mgr Vincent Dollmann, évêque auxiliaire

M. Patrick Wolff, directeur diocésain de l’enseignement catholique.

 

 

Nous apprenons avec consternation la création à Strasbourg d’une école privée hors contrat, le cours Herrade de Landsberg, avec « les encouragements des autorités diocésaines, en particulier de S.E. Mgr Vincent Dollmann, évêque auxiliaire chargé de l’enseignement », ainsi que le signale le site web de cette école[1].

 

Or de quoi s’agit-il ?

On pourrait déjà s’interroger sur le choix d’une méthode d’enseignement dite « structurée et simple », qui évoque  l’école d’autrefois, mais ce sont surtout les propos sur la formation religieuse et la vie spirituelle qui suscitent notre indignation. Dans un esprit « authentiquement catholique », le cours Herrade de Landsberg veut « développer la foi des enfants, leur sens du recueillement et du sacré ». Il est question de « doctrine », de « culture catholique », et aussi, évidemment, de « morale naturelle ». Mais pas une fois, dans ce projet pédagogique, ne se trouvent les mots Evangile ou même Jésus-Christ ! 

Le tout pour 180 € par mois.

Il y a en fait là, de toute évidence, une volonté de garder entre eux les enfants des familles catholiques aisées, qui auront les moyens financiers de payer cette scolarité. La « formation du cœur » et la « charité chrétienne » pourront donc s’exercer sans risque, dans un entre soi bien-pensant. Les enfants n’auront pas à rencontrer l’Autre, celui ou celle qui a un mode de vie différent, une religion différente, une éducation différente… et qui dérange.

 

Comment ces choix peuvent-ils  être cautionnés par les autorités diocésaines, alors que notre Pape François a écrit dans la Joie de l’Evangile :

« Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je répète ici pour toute l’Église ce que j’ai dit de nombreuses fois aux prêtres et laïcs de Buenos Aires : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. »

En outre, encourager ce type d’école ultra-privée, n’est-ce pas aussi désavouer voire mépriser le travail de tous les enseignants chrétiens, celles et ceux qui travaillent dans les établissements publics, mais aussi dans l’enseignement privé sous contrat ?

On peut noter encore que le Mouvement Catholique des Familles, cité comme pourvoyeur possible de bourses pour l’inscription des enfants, fait partie de la mouvance de la Fraternité Sacerdotale St Pie X, résolument et volontairement en rupture avec l’Eglise.   

 

Nous demandons donc instamment  à nos évêques et au directeur diocésain de l’enseignement catholique non seulement de ne pas encourager la création du cours Herrade de Landsberg, mais même de mettre en garde les parents tentés d’y mettre leurs enfants.

Le communautarisme et le repli sur soi ne sont pas l’avenir de notre Eglise ; d’ailleurs de nombreuses initiatives et prises de parole des autorités religieuses en Alsace, de nombreux évènements fraternels de partage avec les plus démunis ou les plus différents nous réjouissent et nous rappellent que notre Eglise peut être « pauvre pour les pauvres », sur les chemins des femmes et des hommes d’aujourd’hui. C’est notre espérance, c’est notre engagement.

 

Pour les groupes Jonas d’Alsace :

Marie-Antoinette Dornier, présidente de la coordination Jonas Alsace, présidente du groupe Jonas de Mulhouse

Anne-Marie Martin, présidente du groupe Jonas de Colmar

Marie-Anne Jehl, présidente du groupe Jonas de Strasbourg

 

 

 

 

 

Cette lettre sera publiée prochainement sur le site web de Jonas Alsace.



[1] Les citations sont toutes extraites du site web du cours Herrade de Landsberg, sauf bien sûr l’extrait d’Evangelii Gaudium

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Publié le 22 Avril 2014

Les Réseaux du Parvis : Les jeunes entre héritage et avenir

 

Revue de la Fédération des Réseaux des Parvis

n° 62 - Mai-Juin 2014

 

Editorial

 

La jeunesse » n’existe pas en tant que telle. Délimité par le critère biologique de l’âge et par quelques caractéristiques socioculturelles aussi vagues que générales, le terme jeunesse regroupe une grande variété de catégories hétérogènes. Comment comparer les jeunes des quartiers périphériques avec ceux des couches sociales moyennes ou aisées ? Les laissés pour compte voués au chômage et à la marginalité n’ont quasiment rien en commun avec les jeunes qui réussissent vaille que vaille à s’intégrer, et moins encore avec les privilégiés qui formeront demain les élites. La distance qui sépare le passé, le vécu actuel et les perspectives d’avenir des uns et des autres est profondément intériorisée au double plan individuel et collectif. « À chacun selon son héritage ! » proclame l’inique sagesse dominante.

 

Mais un même défi s’impose à la génération montante dans son ensemble. Il faudra empêcher qu’une prolifération incontrôlée de la finance et de la technologie détruise la planète et engloutisse l’humanité. La rapine visant à maximiser les profits immédiats hypothèque l’avenir. Si l’ado de banlieue et le futur trader ne sont certes pas logés à la même enseigne, l’un et l’autre subiront tôt ou tard les méfaits de cette folle fuite en avant. Qu’ils s’en indignent ou en tirent parti dans l’immédiat, tous les jeunes se trouvent en position de victimes potentielles d’une évolution mortifère. Sauront-ils acquérir le discernement et la pugnacité que commandent les périls écologiques et socioéconomiques de notre temps ? Sauront-ils innover pour instaurer un monde plus juste et plus solidaire ? Avec quelles références et quels moyens ?

 

L’avenir dépendra forcément de la créativité des jeunes, ou de leur démission. C’est eux qui fourniront à leur tour les parents et les responsables de la cité. Foin des résistances profanes et religieuses qui se cramponnent au passé en l’idéalisant, qui stigmatisent le changement pour pérenniser les pouvoirs et les avoirs de l’ordre établi ! La génération qui monte aura à réussir une mutation de civilisation plus décisive par sa promptitude et par l’ampleur de ses enjeux que celle du néolithique. Un défi qui exige d’accéder à une profonde intériorité, d’inventer des modes de vie et d’engagement inédits, d’oser repenser et refaçonner le monde pour sauvegarder l’homme. En plus de la Parole toujours neuve issue des origines, l’époque actuelle dispose de capacités plus prodigieuses que jamais pour humaniser la planète.

 

Il n’y aura pas de Grand Soir, mais la vie invente la vie. Il faudra qu’elle l’emporte sur le culte du veau d’or qui sacrifie les valeurs personnelles et collectives sur l’autel du profit ! Pour cela, ce n’est pas de morale ou de religion que les jeunes ont le plus besoin, c’est d’abord de pouvoir imaginer que la vie peut encore s’offrir juste et belle, que l’amour peut encore fleurir et fructifier. Mais qui croira avec eux à cette « bonne nouvelle » en respectant leur fragilité et leur liberté ? Pour les aider à vivre heureux et à rendre le monde plus fraternel, il faut les accueillir tels qu’ils sont, se mettre à l’écoute de leurs aspirations et de leurs souffrances, soigner leurs blessures et leur rendre confiance, leur assurer les formations et les emplois dont ils ont besoin, se battre pour eux et à leurs côtés pour instaurer des politiques plus humaines.

Jean-Marie Kohler


Sommaire du dossier

 

Jeunes nous rêvions de changer le monde. Nous espérions que les progrès des sciences liés à une plus juste répartition des richesses de la terre et au respect universel des droits de l'homme apporteraient à l'humanité une période de félicité inconnue jusqu'alors. Aujourd'hui, quel héritage laissons-nous aux générations montantes ? Les jeunes ont raison de nous critiquer de n'avoir pas fait du travail un droit, d'abandonner l'économie à la finance internationale, d'épuiser les richesses de la terre par leur exploitation incontrôlée.

 

Leur avons-nous au moins laissé les moyens de relever les défis auxquels ils seront confrontés ? L'époque actuelle dispose de prodigieux moyens de communication entre les personnes. Aidons-les à s’en servir pour humaniser la planète. Les sciences humaines contribuent activement à l'épanouissement des personnes. Faisons de nos écoles des lieux de créativité.

 

Que faut-il encore aux jeunes pour vivre heureux et pour rendre le monde plus fraternel ? Peut-être que nous soyons à l'écoute de leurs aspirations et de leurs doutes. Que nous les accueillions avec leurs fragilités et leurs souffrances. Qu'à notre contact, ils trouvent confiance en eux-mêmes et que s'éveille en eux l'espérance dans un avenir qui leur laissera le temps d'aimer et d'être aimés. Du bonheur pour ceux qui donnent et ceux qui reçoivent, des plus anciens aux plus jeunes. 

 

L'essentiel est reçu, mais tout est à réinventer (Jean-Marie-Kohler)

Face à la dislocation des structures sociales et des solidarités traditionnelles par une globalisation ultralibérale deshumanisante,

il est nécessaire de repenser le devenir des jeunes en se référant aux valeurs humaines universelles.  Celles-ci  sont  à réintégrer

en fonction des réalités contemporaines largement inédites.

 

Que vivent les jeunes en France ? (Anthony Favier)

Pour les anciens, les jeunes n'ont pas toujours bonne presse. En fait, dans nos sociétés du changement, les aînés connaissent-ils réellement les jeunes ? Ceux-ci furent nombreux à répondre à des questions que leur posait France 2 sur leur identité, leurs désirs, leurs préoccupations... Ecoutons-les. Nous révéler leurs codes et leurs goûts. Nous dévoiler leurs aspirations au bonheur et leur besoin de reconnaissance. Nous confier leurs craintes de l'avenir.

 

Un choix lucide et audacieux (Lucienne Gouguenheim)

Les responsables politiques ont choisi de sauver les banques, quitte à endetter lourdement les Etats et à limiter l'accès aux biens communs tels que l'argent et le travail. Pour les jeunes, la sortie de cette crise passe par la transition écologique qui exige une restructuration économique accompagnée de créativité sociale et politique.

 

Jeunesse en mouvement (Jean-Bernard Jolly)

L'expérience apprend rapidement aux jeunes que la débrouille individuelle n'est pas efficace  dans la durée et que l'union fait la force. Les jeunes désirent prendre en charge leur devenir propre et celui de leur environnement acquérant ainsi des compétences et le sens des responsabilités si possible sous l'œil critique d'adultes.

 

La jeunesse étudiante chrétienne (JEC), un mouvement de jeunes pour les jeunes et par les jeunes (Jean-Paul Blatz)

"Voir, Juger, Agir " : les méthodes de la JEC ont formé plusieurs générations de femmes et d'hommes aujourd'hui en responsabilité dans la vie politique sociale et économique. Le mouvement s'est engagé pour la justice et la paix. Il a traversé les crises de la société et a toujours su évoluer et s'adapter aux changements.

 

Le cadeau de Taizé aux jeunes (Jean-Paul Blatz)

Rapprocher les jeunes : tel fut et reste l'objectif des frères de Taizé. Rapprocher d'abord les jeunes de confessions différentes. Rapprocher ensuite les jeunes de toutes les régions européennes. En faisant d'eux les acteurs responsables d'une Europe des libertés, de la démocratie, des droits humains et de la solidarité.

 

Des ponts jetés entre les âges pour un meilleur "vivre ensemble" (Françoise Gaudeul)

Des liens se tissent entre aînés et jeunes. Discrètement, mais pour le plus grand bien des uns et des autres. Nous en sommes tous témoins dans la vie quotidienne. Confidences échangées, petits services rendus, solitude brisée...

 

Engagements dans le social et la politique, quoi et comment ? (Jean-Pierre Schmitz)

Beaucoup de jeunes souhaitent s'investir au service de la collectivité. Certains feront un métier de cet engagement. D'autres souhaitent un service civique obligatoire pour garçons et filles. D'autres encore sont prêts à prendre des responsabilités politiques en vue du bien commun.

 

Génération indignée (Jean-Paul Blatz)

Les jeunes sont sensibles aux injustices, à la violence, à la haine. Et ils s'en indignent en mouvements aussi spontanés qu'éphémères. Quel est leur poids face aux gouvernants ? En démocratie, ne faudrait-il pas privilégier les engagements à long terme, dans des organismes dont le rôle est de réguler les relations entre tous les acteurs de la vie publique, politique et économique ? 

 

La formation et la transmission des valeurs, en panne ou en pleine mutation ? (Georges Heichelbech)

L'école républicaine a pour ambition de donner à tous les jeunes la même éducation et les mêmes chances de réussite dans la société. De nos jours on reproche souvent au système éducatif de ne pas préparer tous les jeunes au marché du travail. Comment l'école peut-elle faire face aux défis futurs de la formation et de la transmission des valeurs ?

 

Jean-Paul Blatz

 

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