@prises de parole

Publié le 19 Juillet 2014

Lettre ouverte des groupes Jonas d’Alsace aux autorités diocésaines de Strasbourg :

Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg,

Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire

Mgr Vincent Dollmann, évêque auxiliaire

M. Patrick Wolff, directeur diocésain de l’enseignement catholique.

 

 

Nous apprenons avec consternation la création à Strasbourg d’une école privée hors contrat, le cours Herrade de Landsberg, avec « les encouragements des autorités diocésaines, en particulier de S.E. Mgr Vincent Dollmann, évêque auxiliaire chargé de l’enseignement », ainsi que le signale le site web de cette école[1].

 

Or de quoi s’agit-il ?

On pourrait déjà s’interroger sur le choix d’une méthode d’enseignement dite « structurée et simple », qui évoque  l’école d’autrefois, mais ce sont surtout les propos sur la formation religieuse et la vie spirituelle qui suscitent notre indignation. Dans un esprit « authentiquement catholique », le cours Herrade de Landsberg veut « développer la foi des enfants, leur sens du recueillement et du sacré ». Il est question de « doctrine », de « culture catholique », et aussi, évidemment, de « morale naturelle ». Mais pas une fois, dans ce projet pédagogique, ne se trouvent les mots Evangile ou même Jésus-Christ ! 

Le tout pour 180 € par mois.

Il y a en fait là, de toute évidence, une volonté de garder entre eux les enfants des familles catholiques aisées, qui auront les moyens financiers de payer cette scolarité. La « formation du cœur » et la « charité chrétienne » pourront donc s’exercer sans risque, dans un entre soi bien-pensant. Les enfants n’auront pas à rencontrer l’Autre, celui ou celle qui a un mode de vie différent, une religion différente, une éducation différente… et qui dérange.

 

Comment ces choix peuvent-ils  être cautionnés par les autorités diocésaines, alors que notre Pape François a écrit dans la Joie de l’Evangile :

« Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je répète ici pour toute l’Église ce que j’ai dit de nombreuses fois aux prêtres et laïcs de Buenos Aires : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. »

En outre, encourager ce type d’école ultra-privée, n’est-ce pas aussi désavouer voire mépriser le travail de tous les enseignants chrétiens, celles et ceux qui travaillent dans les établissements publics, mais aussi dans l’enseignement privé sous contrat ?

On peut noter encore que le Mouvement Catholique des Familles, cité comme pourvoyeur possible de bourses pour l’inscription des enfants, fait partie de la mouvance de la Fraternité Sacerdotale St Pie X, résolument et volontairement en rupture avec l’Eglise.   

 

Nous demandons donc instamment  à nos évêques et au directeur diocésain de l’enseignement catholique non seulement de ne pas encourager la création du cours Herrade de Landsberg, mais même de mettre en garde les parents tentés d’y mettre leurs enfants.

Le communautarisme et le repli sur soi ne sont pas l’avenir de notre Eglise ; d’ailleurs de nombreuses initiatives et prises de parole des autorités religieuses en Alsace, de nombreux évènements fraternels de partage avec les plus démunis ou les plus différents nous réjouissent et nous rappellent que notre Eglise peut être « pauvre pour les pauvres », sur les chemins des femmes et des hommes d’aujourd’hui. C’est notre espérance, c’est notre engagement.

 

Pour les groupes Jonas d’Alsace :

Marie-Antoinette Dornier, présidente de la coordination Jonas Alsace, présidente du groupe Jonas de Mulhouse

Anne-Marie Martin, présidente du groupe Jonas de Colmar

Marie-Anne Jehl, présidente du groupe Jonas de Strasbourg

 

 

 

 

 

Cette lettre sera publiée prochainement sur le site web de Jonas Alsace.



[1] Les citations sont toutes extraites du site web du cours Herrade de Landsberg, sauf bien sûr l’extrait d’Evangelii Gaudium

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 14 Février 2013

Alors que tous les médias commencent déjà à spéculer sur la succession de Benoit XVI, nous tenons tout d’abord à saluer sa décision. Avec une lucidité et une dignité qui l’honorent, le Pape ouvre enfin une brèche dans une tradition indécente et incompréhensible, qui contraignait les Papes à mourir à la tâche. 

Nous espérons que cet évènement ne sera pas isolé, mais entrainera effectivement un vrai changement dans la manière de concevoir le ministère pontifical : comme pour toute tâche humaine, il doit s’agir d’une mission, bornée dans le temps par une limite d’âge raisonnable.

Cette décision inédite va-t-elle pour autant, comme l’affirment certains médias, faire enfin basculer l’Eglise catholique dans la modernité ? Il en faudra plus, beaucoup plus.

La scène était en elle-même fort éloquente : l’annonce faite – en latin ! –  par Benoit XVI à une assemblée de cardinaux muets et figés. Des hommes, en vêtements de dentelles hors du temps, âgés et célibataires, voilà l’image de l’Eglise diffusée en boucles sur toutes les chaines de télévision !

Tout reste donc à faire : ouvrir grand, tout grand, les portes et les fenêtres de l’Eglise ; faire confiance aux hommes, et surtout aux femmes,  qui s’engagent partout dans le monde pour annoncer l’Evangile ; regarder et accompagner l’humanité d’aujourd’hui avec bienveillance et espérance ; dire la tendresse et l’amour des Hommes et de Dieu avant la doctrine…

Nous sommes ouverts à l’espoir d’un changement à la tête de l’Eglise et nous accueillerons avec joie tout ce qui ira dans le sens d’une plus grande fidélité à l’Evangile. Mais nous sommes surtout convaincus que notre mission première n’est pas d’œuvrer au maintien d’une structure ecclésiale, mais de nous risquer à vivre l’Evangile au plus près de l’humanité.

 

 

Le bureau de Parvis

Jonas est membre de la fédération des réseaux du Parvis.

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 16 Novembre 2010

Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :

  • Examiner l'évolution du monde auquel est destiné le Message Evangélique
  • Se lever pour lutter contre l'iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l'Humanité et met à mal la Planète
  • S'engager dans des lieux de solidarité, de désobéissance et de propositions alternatives
  • Remettre le monde à l'endroit en donnant la parole aux exclus
  • Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.


Oui, pour nous le message libérateur de l'Evangile est nécessaire au monde :
                                il ne peut plus être porté par voie d'autorité.

C'est le temps pour tous, hommes et femmes, d'en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.

C'est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican Il pour y vivre le partage authentique de la Parole, des célébrations tissées de nos expériences, et le travail d'actualisation du Message :
                                         Une Eglise Autre est possible !


C'est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d'humanisme :   
                                          Un autre monde est possible !


Le temps vient d'envisager l'avenir
avec la Force et la Jeunesse de l'Esprit,
Souffle d'Amour et de Vie,
qui recrée le monde.

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Rédigé par jonasalsace

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