Publié le 15 Avril 2026
Cette année la fête de Pâques – célébrée le 12 avril – a attiré l’attention des médias après que l’Eglise catholique de France eut annoncé le baptême, en ce jour, de plus de 20 000 adolescents et adultes. A cette occasion, des questions ont été posées : qu’est-ce qu’un baptême ? pourquoi se faire baptiser ? qu’est-ce que la fête de Pâques ?
Des baptisés de longue date ont accepté de parler de leur propre choix de vie come chrétiens, depuis leur baptême, pendant une existence parfois déjà longue…
Sur le calendrier, pour les chrétiens, le dimanche de Pâques est une fête ? La plus grande de l’année. Pourquoi ?
Les chrétiens se réfèrent aux évangiles, des récits rapportés par des témoins de la vie de Jésus, il y a quelques deux mille ans, lorsqu’il parcourait la terre de Palestine avec ses amis. Les évangiles racontent aussi sa mort, sur une croix, avec deux autres condamnés à mort, des brigands. Cette mort a interrogé ses contemporains. Elle nous interroge encore aujourd’hui.
De nos jours, Pâques est synonyme de weekend prolongé ou de vacances scolaires. Et la mort reste toujours un mystère. Aucune personne décédée n’est revenue à la vie. Pour les uns, la fin de vie s’achève dans le néant. Pour d’autres, avec la mort, la vie n’est pas achevée, mais transformée.
Les amis de Jésus disent qu’il est vivant, qu’il est ressuscité. La résurrection n’est ni un événement historique, ni un mythe. C’est la conviction que la vie a vaincu la mort définitivement. Nos vies sont marquées par des échecs. Chaque jour les médias évoquent des crises, des catastrophes, des guerres. De quoi sombrer dans la désespérance.
L’époque de Jésus n’était pas différente de la nôtre. Mais quand les auteurs des évangiles parlent de résurrection ils veulent faire prendre conscience à leurs contemporains comme aux lecteurs d’aujourd’hui, que le monde est habité désormais par une immense espérance, plus forte que tous les accidents et malheurs de la vie. Cette espérance est plus forte que nos découragements. Elle nous pousse en permanence à la lutte pour une société plus juste et plus pacifique. Elle appelle toute l’humanité à transfigurer le monde dès à présent. Mais elle transcende aussi le temps et l’espace.
Comme chrétiens nous essayons de vivre de cette espérance dans notre quotidien. Non pas comme une démarche personnelle, mais dans des communautés de partage et de dialogue, dans nos milieux de vie, dans les associations, les syndicats, les partis politiques…
Jean-Paul
Pâques…
Pour moi ce sont trois moments marquants. Tout d’abord le Jeudi-Saint. Jésus, se sachant condamné par le clergé, a organisé une soirée d’adieux au cours de laquelle il a réuni ses amis les plus proches, hommes et femmes. Cette soirée a commencé par le lavement des pieds, geste symbolique d’humilité, suivi d’un repas. Ce sont ces deux gestes que Jésus nous a demandé de perpétuer, le service et le repas partagé.
Pour moi, le Vendredi-Saint se terminant par la crucifixion et la mort de Jésus, sont le signe de la volonté de Jésus d’aller jusqu’au bout de ses actes et de ses paroles, sans reniement. Il n’est pas question ni de sacrifice, ni de rachat des péchés et encore moins du péché originel commis par Adam et Ève. Jésus n’est pas une victime expiatoire, sur ordre de Dieu, son Père.
Jésus est un homme debout, qui va au bout de ses convictions .Quant au dimanche de Pâques, il n’est pas question de la résurrection de la chair, mais la révélation que le passage de Jésus, au cours de sa courte vie terrestre, est marquée par des actes, des paroles, une attention aux plus faibles, aux rejetés, qui sont un Chemin d’éternité, une Voie, pour celles et ceux qui l’ont connu.
C’est cela qu’ils ont découvert, et tout d’abord les femmes, et qu’ils ont eu cœur à transmettre comme Bonne Nouvelle.
Transmis par des écrits mais d’abord et surtout en actes, « Voyez comme ils s’aiment ».
Xavier Gillig
Pâques….Qu’es aquo ?
Nous sommes arrivés à la fin de l’octave pascale 2026 (semaine de Pâques) et ce n'est pas fini, puisque le temps pascal s’étend encore sur sept dimanches. Nous voilà avisés : Pâques, pour les chrétiens, ce n'est pas n'importe quoi. Mais voyons, comment peut-on imaginer une telle fête, célébrée sur plus d'un mois ?
D'abord, s’il est besoin de le rappeler, Pâques est avant tout la plus grande fête chrétienne. Comment et pourquoi cette fête particulière garde-t-elle toute sa ferveur, 2000 ans après la mort de Jésus ?
Célébrer Pâques, c'est d'abord célébrer la victoire de l'Amour de Dieu pour chacune, chacun d'entre nous. Célébrer Pâques, c'est forcément espérer, encore et contre toute espérance. C'est reconnaître que ce fameux Jésus crucifié continue à l'être encore et toujours, à travers tous les opprimé-e-s de notre terre, ceux d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Non, Dieu n'est pas absent des souffrances de notre monde : il est l’Emmanuel, - Dieu avec nous, - qui souffre, à nos côtés, en nos chairs, en toute chair sans restrictions, pour les siècles des siècles. Comme le disait si bien Paul Claudel : "Dieu n'est pas venu abolir la souffrance, il n'est même pas venu l'expliquer, il est simplement venu la remplir de sa présence" . Et rien que cela, ça change tout !
Dieu met ses pas dans les nôtres, avec Jésus le premier, pour nous conduire vers la Résurrection, si nous le voulons bien. Cela est notable : car on parle bien ici de la conversion du cœur, de l'intérieur. "Pierre, m'aimes tu ?" disait Jésus, et plus intensément " Veux tu que je t'aime, mon fils, ma fille?"
C'est encore cela le "scandale de la croix". Car des croix, l'humanité entière en a, en aura toujours à porter…. À tous les niveaux, en toutes circonstances, sur n'importe quel continent. "Si un membre de ce corps souffre, c'est tout le corps qui souffre"…
Tout cela n'aurait aucun sens, si aucune résurrection n’était derrière. C'est à ce cheminement que Dieu nous appelle, jusqu'à la fin du monde, d'un monde. Mais avec nous, à nos côtés….
Je me permets une touche personnelle : pour moi, en ce début d'année, et plus encore en cette montée vers Pâques, j'ai fait miens ces quelques mots : "Mon Dieu, reste avec moi…." qui m'ont et continueront de m'accompagner au quotidien !
Montée vers Pâques….. Oui, ces mots sont justes, vrais pour traverser toutes nos croix d'aujourd'hui (même en dehors du temps pascal). D'ailleurs le mot "Pâques" ne signifie-t-il pas "passage" ?
Avec nos frères orthodoxes proclamons : « Christ est Ressuscité, il est vraiment ressuscité » Beau et bon temps pascal à vous….
Bénédicte
Le tombeau vide
Evangile du dimanche de Pâques 2026 (Jean 21 ,1-9)
L’évènement de Pâques, rapporté dans le 4ème évangile est marqué par la présence de trois personnes et par une absence : la présence de Marie Madeleine, de Pierre et de Jean, et l’absence de Jésus, le tombeau vide.
Marie Madeleine était certainement la moins qualifiée pour parler de la Résurrection de Jésus. D’abord, c’était une femme, et en droit, aussi bien chez les Juifs que chez les Romains, le témoignage d’une femme n’avait pas de valeur. D’ailleurs, les évangiles nous disent que pour les apôtres, « les propos de Marie Madeleine leur semblèrent délirants, et ils n’y crurent pas ». Mais rappelons-nous que la vie de cette femme, qu’on disait peu recommandable, a été complètement bouleversée par la rencontre de Jésus. En lui elle a rencontré le véritable amour. Elle a suivi Jésus jusqu’à la Croix, pendant que Pierre et les apôtres, sauf Jean, s’étaient enfuis. Et qu’elle a été la première à rencontrer le Christ ressuscité dans le jardin. Saint Thomas, le grand théologien l’a appelée « l’apôtre des apôtres. »
Simon fut un des premiers apôtres à suivre Jésus, avec son frère André. Il était marié. C’était un patron de pêche propriétaire de son bateau. Jésus lui donnera le nom de Pierre et le nommera à la tête de l’équipe des apôtres. Le premier pape était marié ! C’était un rude pêcheur, un homme enthousiaste, généreux, mais parfois hésitant et faible. Il a abandonné Jésus pendant la Passion et il l’a regretté amèrement. Comme nous lui ressemblons bien souvent !
Jean était lui aussi un pêcheur du lac de Tibériade, un des premiers apôtres avec son frère Jacques. Avec Pierre et Jacques il est présent lors des événements les plus importants. Il est le plus jeune des apôtres. C’est peut-être pour cela que Jésus l’aimait beaucoup. Le 4ème évangile parle de lui comme « le disciple que Jésus aimait ». Dans les tableaux de la Sainte Cène, des grands peintres, à commencer par Léonard de Vinci, on le représente la tête inclinée sur la poitrine de Jésus. Il sera l’évangéliste de l’Amour, l’amour de Dieu et l’amour envers les frères et sœurs humains.
Le grand absent, c’est Jésus. Il ne reste qu’un tombeau vide. Marie Madeleine, affolée, court prévenir les apôtres. Pierre, en bon chef ne voit que « les linges, posés à plat et le suaire roulé à part à sa place. » il faut un peu de cette folie de la jeunesse, mais surtout la foi et l’amour qui remplissaient le cœur de Jean, pour que celui-ci voie, au-delà des apparences : « Il vit et il crut. » comme quoi, on ne voit bien qu’avec le cœur.
Il n’est pas facile de croire en la résurrection de Jésus. Si le Ressuscité avait repris son corps de Galiléen, comme avant, les choses auraient été plus aisées, mais qu’en serait-il de la foi ?
Les premiers chrétiens, très conscients de la difficulté à exprimer leur foi en la résurrection de Jésus, diront : « Jésus est exalté ; il s’est mis debout, il a re-surgi, il est glorifié, à la droite du Père. »
Il fallait avoir traversé l’enfer de la prostitution comme Marie Madeleine, et se sentir relevée, remise debout, comme elle, pour croire que Jésus est vivant. Il fallait l’amour si intense de Jean pour son Maître, pour rester près de la croix avec Marie, jusqu’au bout, et croire que Jésus ne peut mourir pour toujours.
Pour Paul, qui persécutait les chrétiens, il a fallu la rencontre lumineuse du Christ persécuté, mort et ressuscité sur le chemin de Damas, pour qu’il puisse écrire dans ses lettres : « Le Christ est ressuscité, lui le premier de ceux qui se sont endormis. » Et aussi : « Si le Christ n’est pas ressuscité », notre foi n’a aucun sens.
Pourtant, beaucoup de nos contemporains, même chrétiens ne croient pas en la résurrection de Jésus avec son corps, même si son corps était différent de son corps d’avant la Pâque. Ils veulent comprendre, ils veulent des preuves. Ils raisonnent avec leur pauvre intelligence humaine. Mais si Dieu était comme nous, il ne serait pas Dieu.
On ne peut pas tout démontrer. L’important n’est-il pas de croire qu’aujourd’hui Jésus est vivant. Que les témoignages que nous ont donnés les évangélistes, et saint Paul, ne sont pas seulement de belles histoires du passé.
Jésus est vivant pour nous aujourd’hui, si nous lui parlons, et d’abord si nous écoutons sa parole, si sa Parole est pour nous une Parole de Vie.
Jésus est vivant pour nous, si nous savons le rencontrer sur notre chemin d’Emmaüs, en la personne de celui qui souffre, en la personne qui a besoin de réconfort, d’un peu de lumière, de trouver du sens à la vie.
Le Christ est vivant quand nous savons nous réjouir de la nature qui revit au printemps, quand nous savons partager un peu d’amour, un peu de joie, un peu de paix. Un sourire donné, un service rendu, une poignée de main tendue…
Humbles gestes, humbles signes, présence discrète du Christ, comme dans cette Eucharistie Pascale : la lumière du cierge pascal qui éclaire notre route, l’eau signe de vie, le pain et le vin qui nous nourrissent..
Oui, nous le croyons : il est ressuscité ; le Christ est vivant ! Nous le chanterons tout à l’heure : « Le Christ est vivant, alleluia, béni soit son nom dans tout l’univers, alleluia !
Joseph
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