Publié le 15 Août 2012

Les journaux de ce 14 aout 2012 se font l’écho de la « proposition nationale pour une prière des fidèles » formulée par l’épiscopat français pour la fête de l’Assomption, en la présentant comme une prière « anti mariage homosexuel ». Ce texte est accessible sur le site http://www.eglise.catholique.fr/accueil.html.

 

Voici quelques remarques sur le texte lui-même et sur la démarche de l’épiscopat :

- Comme trop souvent, le texte concerné est un magnifique exemple de « langue de buis », ampoulé, allusif et plein de beaux mots fourre-tout : générosité, solidarité, conscience, fidélité, tendresse, engagement, bonheur, amour…  que personne ne peut récuser. On dit un peu sans dire vraiment, sans doute dans la recherche illusoire d’une pseudo-unanimité, alimentée par l’incapacité de l’institution ecclésiale à affronter et gérer sainement les divergences et les conflits.


- Une fois de plus, Marie est instrumentalisée au service de causes, l’avenir de la France et la défense d’un modèle familial unique, bien éloignées du contexte dans lequel a vécu la mère de Jésus de Nazareth. En rappelant en introduction à cette prière que « la France a été placée sous le patronage de la Vierge Marie », l’épiscopat se garde bien de rappeler les conditions de ce « vœu de Louis XIII », destiné surtout à assurer sa postérité et sa domination sur ses sujets.


- Sur le fond, Mgr Podvin, ce 14 aout sur France Inter, a dit et redit que la demande de l’Eglise catholique est avant tout la tenue d’un vrai débat de société autour des questions de la famille et des limites de la vie. Cette demande est légitime, mais le plus simple ne serait-il pas de donner l’exemple et de commencer par ouvrir le débat parmi les chrétiens catholiques ? Qui a été consulté pour la rédaction de cette proposition de prière ? A quand de vraies assemblées d’Eglise, avec de vrais débats contradictoires, une prise en compte de la vraie vie des gens ? Quand fera-t-on confiance aux femmes et aux hommes qui cherchent à vivre l’Evangile dans toutes les situations contemporaines et tracent des chemins inédits ?


- Mgr Podvin a eu le mérite de la clarté au moins sur un point : il a régulièrement évoqué la position « de l’Eglise » et a fort peu fait référence à l’Evangile, et pour cause… Or « l’Eglise » dont il parle est une société hiérarchique presque exclusivement composée d’hommes célibataires, dont la parole est en outre verrouillée au plus haut niveau. Comment imaginer que ces hommes, aussi ouverts soient-ils, puissent prendre en compte la complexité et la richesse des situations réellement vécues au quotidien par les femmes et les hommes de ce temps ? Cela dit, puisqu’il s’agit d’une « proposition », que chaque communauté s’en empare et prenne ses responsabilités ! Les chrétien(ne)s sont adultes et il serait intéressant de voir ce qui sera réellement prononcé demain dans les églises de France.


- Enfin, la démarche de l’épiscopat français ne peut pas être séparée de celle du Vatican envers les religieuses américaines qui, fortes de leur expérience de terrain, proposent une parole autre sur toutes ces questions de société… et sont vertement rappelées à l’ordre! Heureusement, elles continuent leur combat, et nous continuons le nôtre, car le message de l’Evangile ne sera jamais la propriété de quelque personne ou quelque institution que ce soit.


Marie-Anne Jehl

Jonas Alsace

Réseaux des Parvis

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 9 Août 2012

Au secours, Monsieur Vincent !

Note préliminaire. Selon le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, 1992, p. 1942, le titre « Monsieur » équivaut à « Monseigneur ».

 

L’Ami Hebdo du 29 juillet dernier vous a dédié une page entière de présentation (p. 3), en vous donnant l’occasion d’exprimer vos convictions, que vous formulez dans l’ambiance romaine de votre ministère précédent. Vous abordez, entre autres, la question des vocations, pour dire ceci :

« Les Alsaciens sont connus pour leur attachement aux traditions et leur sens de l’organisation, mais le danger est d’oublier de renouveler notre attachement au Christ par la fidélité à la prière communautaire et personnelle. C’est un des aspects de la baisse des vocations sacerdotales aujourd’hui, nous vivons souvent comme si nous n’avions plus besoin des prêtres, nous ne cherchons plus en lui l’homme de Dieu, mais l’animateur de structures et le prestataire d’actes religieux. Un jeune engagera difficilement toute sa vie dans le célibat pour une telle perspective ».

Vous avez raison : beaucoup de catholiques de notre diocèse sont contraints de vivre « comme s’ils n’avaient plus besoin des prêtres », puisqu’ils ne peuvent plus en rencontrer que de loin, les prêtres étant devenus si rares. De ce fait, ce qui constituait jadis une part importante du ministère des prêtres, dans la préparation au baptême et au mariage, la catéchèse, l’accompagnement des malades et des familles en deuil, sans oublier l’accompagnement spirituel, à présent tout cela est assuré dans une large mesure par des laïcs ; ce sont eux, maintenant, les « hommes et les femmes de Dieu » (1 Tm 6,11 ; 2 Tm 3,17). Cette rareté des rencontres concerne particulièrement les enfants et les jeunes, alors que les prêtres des générations précédentes avaient été appelés au ministère principalement à cet âge et dans un suivi personnel assuré par leurs aînés. Quant à la fidélité des catholiques à la prière communautaire et personnelle, elle est menacée par la réduction des célébrations, les regroupements, les réticences de la hiérarchie par rapport aux célébrations dominicales de la Parole, sans oublier les difficultés économiques provoquées par le déséquilibre financier entre l’entretien des églises et la diminution des rentrées. C’est un cercle vicieux : moins de célébrations dans les églises, mais autant de charges, surtout en hiver, alors pour réduire celles-ci, on réduit encore le nombre des célébrations !

Les catholiques d’Alsace voient effectivement les prêtres surtout comme des « animateurs de structures et des prestataires d’actes religieux », puisque ces prêtres, du fait de leur petit nombre, sont tellement sollicités par ces tâches qu’ils n’ont plus le temps pour autre chose, en particulier pour ce contact personnel avec les paroissiens des nombreuses communautés dont ils ont la charge.

Et s’il est difficile pour les jeunes d’engager toute leur vie dans le célibat pour une telle perspective, encourageons tous ces moins jeunes, des hommes mariés qui s’engagent pour cette mission par le diaconat permanent, avec le soutien de leurs épouses, preuve que le célibat ne doit pas être un obstacle pour la mission.

Monsieur Vincent, merci pour ces paroles courageuses, si du moins ma façon de les comprendre correspond à votre pensée. Mais on sait aussi que votre propos sur le célibat fait partie des conditions de recrutement des évêques de rit latin et que l’entretien rapporté se déroulait précisément à Rome.

Revenons en Alsace, où vous venez d’être nommé. Puisque, du fait de la raréfaction des prêtres l’appel de jeunes gens au ministère presbytéral se raréfie lui aussi, pris comme tous les catholiques d’Alsace dans ce cercle vicieux, quelles solutions préconisez-vous ?

 

Marcel Metzger

 

 

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Publié le 4 Juillet 2012

Au-delà de Vatican II
Vivre les défis du monde d’aujourd’hui
La place des femmes dans les sociétés  et dans les églises

 

50 personnes ont participé à cette soirée, à l'initiative du groupe Jonas de Strasbourg.

Cet échange très participatif a permis d’exprimer, sous forme de « coups de cœur » et de « coups de gueule » (voir ci dessous), les signes d’espérance de plus de justice et de meilleur équilibre progressif dans les sociétés. Beaucoup reste à faire cependant.
Pour ce qui est des églises et de l’église romaine en particulier, les participants ont souligné l’exercice d’un pouvoir exclusivement masculin ainsi que de trop fréquents processus d’exclusion des responsabilités comme des réflexions ou contributions théologiques.
Les participants reconnaissent néanmoins quelques modestes progrès ici ou là, mais dans des registres qui ne permettent jamais aux femmes d’exercer une responsabilité propre, pleine et entière.
 

 

Suite à cette soirée le groupe jonas a décidé plusieurs actions :

  • Envoi d'une lettre à Mgr Grallet, archvêque de Strasbourg  pour lui suggérer quelques signes forts, qui pourraient contribuer à rééquilibrer une situation qui met grandement en cause la dignité de la femme et contredit tant l’Evangile que l’attitude même de l’homme Jésus.  A suivre !
  • Ecriture d'un communiqué de presse
  • La rédaction d'un numéro spécial de la revue Vagues d’Espérance consacré au thème de cette soirée (pour décembre)

 

Les « coups de cœur » et de « coups de gueule »

 

 

Prendre le temps pour se rencontrer est une belle façon d’ouvrir les portes
Il est temps de remettre en cause la pratique et l’existence du pouvoir  dans sa forme actuelle au sein de l’Eglise catholique
Les femmes font vivre l’Eglise ( transmission, pastorale etc…)
Cela ne change rien car bien souvent elles acceptent le moule
 Idée : Ne faudrait-il pas plutôt réfléchir et repenser la place des laïcs et réinventer le service clérical ?
Un jour le Pape chantera «  Que serais-je sans toi ? »
Quel gâchis ! Quel gaspillage de compétences !
Notre espérance ? La créativité des groupes de base
Notre croix…c’est l’INSTITUTION !
Malgré de fortes résistances, Jésus a ouvert la porte à l’égalité entre hommes et femmes il y a 2000 ans. C’était un début, il faut continuer aujourd’hui.
Que la hiérarchie ecclésiastique prenne en compte les souffrances des femmes (physiques et sexuelles)
    Les dénonciations provenant des milieux « tradis » sabotent l’évolution voulue par Vatican II
Un vide pour un souffle nouveau…….L’Esprit pour la coresponsabilité
Le pouvoir dans l’Eglise à tous les niveaux
Mme Najat Vallaud Belkacem : ministre du droit des femmes et porte parole du gouvernement
Les hommes contestataires dans l’Eglise….pas trop de problème ; les femmes qui discutent sont mises sous tutelle !
Engagement des femmes dans l’Eglise et dans la société
    Les responsabilités accordées aux femmes dans les mouvements, les associations, les paroisses ET le travail partagé avec certains prêtres en VRAIE coresponsabilité
Le pouvoir des hommes dans l’Eglise et « l’inertie » des femmes qui acceptent de rester dans le moule !

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Rédigé par jonasalsace

Publié dans #@femmes

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