Publié le 18 Janvier 2016

On prête eu dieu Rhenus, puissance tutélaire du Rhin, de mystérieux pouvoirs. Les Romains le priaient pour arrêter la déferlante des peuples germaniques. Plus récemment, il aurait arrêté le nuage radioactif de Tchernobil...  Et aujourd'hui n'aurait-il pas fait du Rhin une frontière entre deux Eglises ?

Après la Seconde Guerre mondiale dans un esprit de réconciliation franco-allemande, des paroisses deux des rives du fleuve se jumelaient. Que reste-t-il de cette collaboration entre les catholiques des deux pays ?

En Allemagne, la chancelière fédérale a pris l'initiative d'accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés chassés de chez eux par les guerres. Avec le soutien fervent et actif des Eglises chrétiennes à travers les paroisses et les association caritatives.

La chancelière allemande fait face aux néo-nazis opposés à l'hospitalité accordée aux exilés. Avec la bénédiction et les prières de toutes les Eglises chrétiennes.

L'Eglise catholique d'Allemagne a confié la quasi totalité de ses activités à des baptisés laïcs : la pastorale paroissiale, la catéchèse scolaire et sacramentelle, l'enseignement de la théologie, la diaconie... Le manque de prêtres ne se fait pas sentir. Toutes les églises sont ouvertes. Des communautés chrétiennes sont vivantes jusque dans les plus petits villages.

En France, le gouvernement s'est engagé à accueillir quelques milliers de réfugiés. Sous les critiques des catholiques traditionnalistes qui préfèrent qu'on rejette à la mer les migrants musulmans plutôt que de leur offrir l'hospitalité.

De plus en plus de catholiques pratiquants votent pour l'extrême droite. Soutenues par plusieurs évêques, les manifestations organisées par des catholiques affichent leur homophobie et leur islamophobie et demandent le rejet des immigrés.

En France une désertification spirituelle accompagne la diminution rapide du nombre de prêtres. Sans prêtre, plus de communautés chrétiennes locales. Même si chaque curé a la charge, théorique, de plusieurs dizaines de clochers. Combien d'églises de France sont restées fermées le jour de Noël 2015 ?

Pourquoi ces attitudes différentes des Eglises d'Allemagne et de France ?

En Allemagne, les associations de laïcs catholiques, regroupées en une puissante fédération, sont restées fidèles à l'esprit du concile de Vatican II et ont réussi à imposer cette fidélité à leur hiérarchie.

En France, une majorité d'évêques - nommés par Jean-Paul II et Benoît XVI - se sont désintéressés des mouvements d'action catholique pour soutenir des communautés religieuses et des fidèles traditionnalistes, numériquement peu nombreux, mais médiatiquement très présents, au risque de généraliser le désintérêt de la masse des baptisés face au message évangélique.

L'Eglise comme institution a-telle encore un avenir en France ? On peut en douter aujourd'hui. Puissent les Français qui restent attachés à l'Evangile se tourner vers nos sœurs et frères d'outre-Rhin pour une redécouverte de la foi en Jésus-Christ ressuscité. Pourquoi une "Eglise autre", à l'image de celle d'Allemagne,  ne serait-elle pas possible chez nous ?

 

Jean-Paul Blatz

 

 

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 8 Janvier 2016

Vient de paraître : Les Réseaux des Parvis

La Revue :Numéro 72 - Janvier - Février 2016

Chrétiens de gauche ou chrétiens à gauche ?

 

Rencontre avec Catherine Trautmann, femme, élue de gauche et théologienne

Sans ambages, Catherine Trautmann répond aux questions que nous nous posons : Comment pouvons-nous en même temps lutter contre la xénophobie, accueillir les réfugiés et sécuriser les Français ? Quel avenir pour l'Europe ? Quelles peuvent être aujourd'hui les apports positifs des Eglises et des chrétiens à la République ?

 

Droite et gauche...et Evangile - Jean-Pierre Schmitz

L'Evangile est un message de libération, de justice et d'amour du prochain. Il n'est pas la source d'une législation chrétienne. Même dans le mot démocratie il y a pouvoir et autorité. Tandis que l'Evangile tient un langage subversif qui met en avant les sans pouvoirs. Mais c'est à la sa source que les chrétiens se forgent des convictions personnelles éthiques, politiques et économiques.

 

L'Eglise catholique, le peuple et la démocratie - Jean-Paul Blatz

" L'Eglise n'est pas une démocratie." " L'Eglise catholique ne fait pas de politique" entend-on dire. Pourtant tout au long de l'histoire les responsables religieux ont fait le choix de systèmes politique et économiques, en général favorables à l'Eglise. Parallèlement, des chrétiens ont eu le souci des plus pauvres et on cherché à améliorer leur condition de vie par la transformation de la société à travers de nouvelles institutions démocratiques et plus justes.

 

Lamennais, prophète pour notre temps - Michel Roussel

Avec passion l'auteur évoque la vie toute aussi passionnée de Félicité Robert de Lammenais. Ce prêtre d'abord conservateur et ultramontain, milita ensuite pour l'égalité des sexes, pour une république sociale et pour la liberté d'expression. Le pape fut horrifié par ses idées. Lamennais jeta sa soutane aux orties. Mais les idées menaisiennes feront leur chemin : de Reurm novarum à Vatican II, à travers Temps Présent et Parvis.

 

La Doctrine sociale de l'Eglise catholique. De Léon XIII à la théologie de la libération et au-delà - Jean-Bernard Jolly

L'encyclique Rerm novarum (1891) est connue. Pour la première fois le Saint-Siège décidait de s'intéresser à la question sociale. Après la Seconde Guerre mondiale, portée par des laïcs, la question sociale s'ouvrit au Tiers monde. C'est l'époque de la théologie de la libération, née en Afrique selon le théologien camerounais Jean-Marc Ela, et soutenue par de courageux évêques dont Helder Camara. Aujourd'hui le pape François rappelle que l'Evangile c'est l'amour des pauvres et suscite l'opposition parmi les dirigeants économiques notamment chez les catholiques.

 

Influence d'Emmanuel Mounier sur la gauche chrétienne - Nicole Palfroy

Fondateur de la revue Esprit, Emmanuel Mounier est à l'origine du personnalisme qui considère qu'une action est bonne quand elle respecte la personne humaine et contribue à son épanouissement. Pour réaliser cet objectif, il recherche une voie humaniste qui ne soit ni le libéralisme, ni le marxisme. Il souhaite rénover la société au moyen d'une révolution spirituelle qui opérerait une transformation radicale des structures sociales et économiques.

 

Témoignages des prêtres-ouvriers de Caen sur leurs choix de vie et d'engagement

"L'essentiel est d'être là où se joue la vie des hommes, là où peut se faire la rencontre du Dieu de Jésus-Christ". "La vie divine circule au travers de tout ce qui bâtit l'humain". "C'est la vie quotidienne avec une multitude de militants..., dans un même combat syndical, humanitaire, pacifiste, antiraciste...qui m'a fait découvrir celui ...dont j'essaie...de témoigner". Paroles de prêtres-ouvriers.

 

La gauche ne peut mourir - Georges Heichelbech

Certains affirment que les notions de droite et de gauche sont dépassées et que le salut de la société est dans l'omnipuissance de l'entreprise. Une telle société peut-elle être égalitaire et démocratique? "Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, cela condamne l'homme et le réduit en esclavage". Si être chrétien à gauche consiste à faire siennes ces paroles du pape François, la gauche a encore un bel avenir devant elle.

 

Un idéal de gauche pour notre temps. Une économie au service de la démocratie et de la fraternité universelle - Jean-Paul Blatz

Face à un capitalisme qui vise une emprise totale sur l'homme et ses milieux de vie, une démarche de gauche consiste à travailler à une transformation radicale du système économique afin de le mettre au service de la démocratie véritable et de la fraternité universelle. Seules les luttes contre les inégalités sociales pourront faire advenir en ce monde plus de justice et préparer un vivre-ensemble meilleur pour les générations futures.

 

Jean-Paul Blatz

 

 

 

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Rédigé par jonasalsace

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Publié le 24 Décembre 2015

Les événements dramatiques que nous venons de vivre nous incitent à la haine, à la vengeance, à la violence. Ils veulent nous faire entrer dans une logique de guerre. Ne cédons pas à la peur des catastrophes annoncées au niveau humain, au niveau environnemental, cela entraînerait des régressions, des pertes de libertés.

Comme le dit Antoine Leiris : "Vous n'aurez pas ma haine. Vendredi soir vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n'aurez pas

ma haine » (1). 

Noël de la solidarité 

Il convient de répondre à ces catastrophes par des actions positives et constructives de justice, de solidarité pour lutter contre tout ce qui nous empêche de faire ensemble société. C'est d'ailleurs ces actions concrètes d'aides mutuelles qui ont permis à de nombreuses personnes qui étaient au Bataclan de trouver refuge et protection chez les habitants les plus proches.

C'est l'occasion d'affirmer notre désir de vivre ensemble en s'attaquant aux causes des divisions : les injustices, la pauvreté, les trop grandes inégalités, le racisme, l'intolérance, la violation des droits humains, le saccage écologique, le dérèglement climatique...

De nombreux événements positifs sont engagés actuellement à l'occasion de la conférence mondiale sur le climat, de nombreux rassemblements et marches vont sensibiliser les citoyens à l'avenir de la planète. Un village mondial des alternatives montre qu'il est possible de construire un monde nouveau pour un avenir meilleur. Avec toutes ce manifestations, tentons d'inverser le cours des choses pour vaincre la peur et le fatalisme.

Noël de la fraternité 

En ce temps de Noël saluons la naissance de mouvements citoyens, l'expression d'une fraternité universelle qui s'est exprimée spontanément ces jours derniers. Un autre monde est en train de naître, une dynamique dont les forces sont constituées de citoyen-ne-s du monde entier afin de construire un monde plus juste, durable et solidaire. C'est ce que nous devons partager et c'est ce qui nous relie.

Maurice Elain

Le Cri  des Evénements, n° 52, 2015 
Chrétiens Aujourd'hui Orléans 

(1) Le 13 décembre 2015 son épouse, Hélène était au Bataclan et elle y a perdu sa vie. 

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Rédigé par jonasalsace

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