Publié le 7 Janvier 2018

Le froid de ces jours derniers et la blancheur des cimes et des toits nous rappellent qu’il est là le temps de Noël ! Les fêtes approchent qui remplissent les cœurs de l’incoercible envie de se dire de douces choses et de l’irrépressible désir de parsemer le chemin de chacun de mille et une roses ! L’on prend la mesure des liens qui unissent les êtres : ils sont, les uns avec les autres, indéfectiblement, les merveilleux maillons d’une chaîne invisible qui vient de plus loin qu’ils ne sauraient l’imaginer, ils forment, les uns avec les autres, inlassablement, une superbe dynamique grâce à laquelle des passions se vivent qui mènent à de grandes choses !

Les jours qui viennent prennent alors la tournure de ceux où doivent se proférer des mots empreints d’une indicible tendresse, jetant dans les soutes de l’oubli tout ce qui a pu paraître d’une grande tristesse, d’une ineffable rudesse. Ils ouvrent incontinent l’espace où quelque chose d’autre advient qui installe chacun dans une bienfaisante légèreté !

Les jours qui viennent prennent alors la couleur de ceux où doivent se murmurer des mots emplis d’une exceptionnelle douceur, faisant à tout jamais voler à l’éclat les affres de l’aigreur. Ils créent les conditions d’une paix intérieure où chacun puise la belle énergie qui fait gagner le large et avancer quand les choses paraissent insupportablement difficiles !

Les jours qui viennent prennent alors l’allure de ceux où doivent se susurrer des mots secrets qui viennent du cœur, chassant, discrets, pour longtemps sinon pour toujours, tout ce qui est rancœur. Ils donnent l’occasion de dire ce que chacun est pour soi, ce que nous sommes les uns pour les autres : de véritables petits trésors au prix inestimable !

N’est-ce pas là, prélude de mille et un tout simples petits bonheurs, qui donne comme une autre dimension au froid de ces jours derniers et à la blancheur des cimes et des toits ? 

 

                                                                  Colmar, le 20 décembre 2017

                                                                  Emile NGUIAMBA

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Publié le 7 Janvier 2018

Lors d'une homélie prononcée le 8 septembre 2017 au Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg fustigeait l' "idéologie de l'égalitarisme" selon laquelle "Dieu est désormais présenté comme un partenaire, à égalité". Il ajoutait : "L'homme n'est grand qu'à genoux" devant Dieu.

 

Ces propos me laissent perplexes. Il m'avait semblé que la foi chrétienne repose sur les mystères de l'incarnation et de la résurrection. En se faisant homme parmi les hommes, Dieu ne s'est-il pas fait notre frère ? Frère de chaque femme et de chaque homme, avec une préférence pour les plus faibles et les exclus ? L'incarnation de Dieu en homme n'est-elle pas la référence primordiale de la fraternité et de l'égalité ?

 

Par ailleurs,  par sa résurrection, Jésus n'a-t-il pas, une fois pour toutes, relevé l'homme à genou devant une divinité ?  Notre foi dans le mystère de la résurrection n'implique-t-elle pas précisément de mettre débout tout homme, particulièrement celui que la hiérarchie institutionnalisée et l'exploitation économique mettent à genoux ? 

 

En portant certains jugements anti-égalitaires, antri-démocratiques ou anti-modernistes, ne risque-t-on pas de mettre en cause le vivre-ensemble tel qu'il a été voulu et vécu par Jésus et que les chrétiens d'aujourd'hui ont pour mission de  pérenniser ?

 

Jean-Paul Blatz

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Publié le 27 Décembre 2017

A quelle heure la messe de minuit ?

 

En ce 24 décembre, si vous vous trouvez dans un presbytère encore habité on vous posera peut-être cette question au téléphone. Il vaut mieux être prudent pour ne pas trouver porte close dans les églises de village. En effet, en cette nuit de Noël nombreuses seront encore les églises qui resteront fermées.

 

Les plus anciens se résigneront nostalgiquement en se rappelant leur enfance. Elle ne remonte pas à la nuit des temps, mais aux années cinquante du XXème siècle.  La veille du jour  de Noël, on mangeait tôt comme les autres jours de travail. Pour pouvoir communier, il faillait respecter un jeûne de trois heures. Puis on s'habillait chaudement pour affronter le froid. Non plus à pied avec une lanterne, mais déjà en voiture. A travers les vitraux de l'église jaillissait une intense lumière dans la nuit. A l'intérieur, un grand sapin décoré illuminait une crèche dont les personnages nous semblaient géants. La chorale et l'organiste donnaient le meilleur d'eux-mêmes. C'était la fête. Une fête à nulle autre pareille.

 

Aujourd'hui, plus le nombre de marchés de Noël augmente, plus les messes diminuent. Le mercantilisme plutôt que la prière ? Un insipide O Tannenbaum diffué par haut-parleur dans nos rues plutôt que le Stille Nacht chanté à capella par les chrétiens réunis autour de la crèche ?

 

La disparition de la messe de minuit, marque la fin d'une époque. N'y a-t-il pas plus grave, pour l'annonce de l'Evangile ? Par exemple la disparition de l'eucharistie, les dimanches ordinaires, par manque de prêtres ? Cette absence ne remet-il pas en question l'existence même des petites communautés chrétiennes de proximité ?

 

N'est-il pas temps de réfléchir comment, en l'absence de prêtre, les chrétiens peuvent prier le premier jour de la semaine, dans toutes les églises construites - souvent au prix de grands sacrifices - par nos aïeux dans la foi ? Comment redonner vie à des pierres abandonnées des hommes ?

 

Aloys Meyer

 

24 décembre 2017

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